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mardi 6 novembre 2012

Maroc-Algérie : la chape de plomb est-elle retombée sur les relations entres les deux pays





Après un petit réchauffement dans les relations maroco-algériennes suite notamment au printemps arabe, la chape de plomb semble se rabattre sur les relations entre les deux que paradoxalement tout rapproche.
Mais jusqu'à quand ?

Dans les années 90 appelées années noires ou années sombres en Algérie, après avoir déposé mes enfants à l’école à Rabat avant d’aller au travail, j’avais sur mon chemin le bâtiment abritant l’ambassade d’Algérie et le drapeau algérien qui flottait sur la colline surplombant le fleuve du Bou Regreg séparant Rabat de la ville de Salé. Chemin faisant, il m’arrivait d’écouter la radio Médi1 (émettant de Tanger et dont les émissions sont destinées aux pays du Maghreb). Celle-ci faisait le bilan de la veille tel que rapporté par la presse algérienne, des massacres perpétrés par les groupes terroristes au cours desquels femmes, enfants et vieillard étaient sauvagement assassinés. Ces nouvelles macabres me bouleversaient à tel point que j’arrivais à mon travail avec des lunettes de soleil pour cacher mes yeux et me voyant ainsi, des collègues ricanaient sous cape croyant à tord que j’avais picolé la veille.

Or la réalité était tout autre pour moi car le massacres des enfants étaient insupportables alors que je venais de déposer les miens à l’école. Le fait était en outre doublement pénible car les groupes terroristes se réclamaient de la religion musulmane( ma religion) mais surtout s’agissant d’un pays frère , le plus proche de nous car notre génération instruite par celle nos parents et pour lesquels l’indépendance du Maroc en 1956 n’a été effective qu’avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.Cette relation de sympathie et de fraternité avec ce pays avait aussi pour origine la guerre de libération pour retrouver l’indépendance face à une puissance coloniale qui contrairement aux protectorats marocain et tunisien considérait l’Algérie comme territoire français et a essayé de gommer l’identité arabe, amazigh et musulmane de ce pays tout en traitant ses habitants de citoyens de second ordre. 

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts du fleuve du Bou Regreg( cité), l’Algérie a gagné sa bataille contre le terrorisme qui est devenu résiduel mais ses relations avec le Maroc ont continué à se détériorer enterrant de ce fait l’idéal maghrébin. Car le système sécuritaire militaire qui a mis au pas les groupes terroristes s’est trouvé de ce fait renforcé. De son cité, le président Bouteflika est resté sur des schémas de guerre froide lui qui était ministre des affaires étrangères de son pays dans les années 70.En effet, d’après les documents deWikileaks sur l’Algérie  rapportés par le presse algérienne, le président « Bouteflika est son propre ministre de l’Extérieur, et sa conception politique régionale n’a pas évolué depuis les années 1970 ». « La seule approche de Bouteflika et de son équipe est la dépense de milliards de dollars dans des infrastructures et des projets grandioses ». En vain. La raison, en est, selon les diplomates « la bureaucratie, les lourdes réglementations, la centralisation ralentissant les projets et empêchant les nouveaux investissements privés ».Il y a « un manque de vision au sommet ». « Bouteflika et son équipe ne savent pas que s’ils veulent que l’Algérie intègre l’économie de marché mondiale, ou si le gouvernement doit perdurer dans le contrat social des années 1960-1970 », est-il affirmé dans le document.

En prenant ces jugements avec précaution, force est de constater que le Président Bouteflika a réussi à faire sortir son pays de cette décennie noire du terrorisme et c’est ce que gardera peut être l’histoire de son passage à la tête de l’état algérien ; mais il n’a tout de même pas réussi jusqu'à présent à mettre les algériens au travail et a maintenu le pays renfermé sur lui-même sans normaliser ses relations avec ses voisins. Or, des économistes surtout algérien ne cessent pointer du doigt cette sorte « d’autarcie » dans laquelle évolue l’économie algérienne et qui n’est plus compatible avec la mondialisation, car le pays ne peut plus se contenter de gérer la rente pétrolière, il est appelé à diversifier son économie pour préparer l’après pétrole.  

Coté marocain, avec son arrivée au pouvoir en 1999, Mohammed VI a demandé la normalisation des relations avec l’Algérie. En tant que chef d’état, il a demandé l’ouverture des frontières Est de son pays qui étaient fermées avant son arrivée au pouvoir. Ses appels sont demeurés vains et la main tendue à l’Algérie est restée sans suite car pour les officiels algériens cette normalisation profiterait plus au Maroc qu’à l’Algérie. En fait , la raisons est toute autre car cette fermeture des frontières apparait de plus en plus liée au conflit saharien.

En effet, l’Algérie tout en affirmant officiellement que la conflit du Sahara concerne la Maroc et le Polisario, que c’est une affaire des Nations Unies consacre des millions de dollars à ouvrir et faire fonctionner les « ambassades » et autres bureaux du Polisario à travers le monde et financer différents lobbies pour soutenir « la cause sahraoui », , tout en achetant pour des dizaines de milliards de dollars d’équipements militaires dont une partie bénéficiera aux combattants du Polisario alors que les populations sahraouies refugiées en territoire algérien à Tindouf en Algérie continuent de vivre dans des conditions misérables en dépit de l’aide internationale notamment européenne qui leur est allouée. 

Cette situation devait durer ainsi mais c’était sans compter avec l’arrivée du printemps arabe, le Maroc et l’Algérie ont commencé un timide rapprochement avec l’échange de visites de ministres en charge de l’agriculture et de l’énergie notamment. Ces visites se sont conclues par des accords aux termes desquels l'Algérie fournira du gaz naturel  au Maroc. Cet accord prévoit la fourniture de 640 millions de mètres cubes de gaz par an à deux centrales électriques hybrides : Aïn Beni Mathar à Jerada, près de la frontière algérienne, et la centrale de Tahaddart, près de Tanger. Ce gaz transitera par le gazoduc Pedro Duran Farell qui relie les champs gaziers de Hassi R'mel à l'Espagne, via le Maroc. Sur le plan électrique, les deux pays sont connectés à l’Europe via une liaison entre le Maroc et l’Espagne. 

Mais au début de cette année, le nouveau ministre des affaires étrangères marocain a consacré sa première visite à l’étranger à Alger. Ce voyage a abouti à la mise en place d’une commission politique mixte qui se réunira deux fois par an, la poursuite des travaux des commissions sectorielles déjà existantes, Agriculture, Eau et Jeunesse et Sports, l’extension de cette démarche à d’autres domaines dont l’Energie, l’Education, l’incitation à la mobilisation de part et d’autre des sociétés civiles et des médias pour un dialogue et des partenariats et, enfin, la réunion de la Grande Commission Mixte avant la fin de 2012, sachant que cette dernière ne s’est pas réunie depuis 1994.En fait, rien de vraiment concret.

Nous sommes vers la fin de l’année et personne ne parle plus de la réunion de cette grande commission mixte ni des commissions sectoriels. Même les accords de coopération de complémentarité conclus déjà tant sur le plan bilatéral que dans le cadre de l’Union du Maghreb Arabe sont restées lettre morte. La chape de plomb est donc retombée sur les relations maroco-algérienne ; mai a-t-elle été jamais remontée de puis les années 70 ? 



 



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