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jeudi 8 novembre 2012

Maroc : Aicha Chenna sur les traces de Mère Teresa



En prenant faits et causes depuis des années pour les enfants nés hors mariage et en prenant en charge des mères célibataires (sujet tabou), Aicha Chenna est devenue une icône dans le pays. Elle a secoué la société marocaine avec son association « Solidarité Féminine » et a permis de poser ce fait de société occulté non seulement au Maroc mais dans les autres pays musulmans.


Née en 1941 à Casablanca, Aicha Chenna grandit à Marrakech. Adolescente, elle s’engage dans sa première action de bénévolat avec la Ligue de Protection de l’Enfance. Infermière, elle travaille ensuite en tant qu’animatrice d'Education Sanitaire et sociale à la préfecture médicale de Casablanca.

En créant en1985, « L’Association Solidarité Féminine », elle prend en charge des mères célibataires –sujet tabou et occulté au Maroc et dans les autres pays musulmans- qui ne bénéficient d’aucun droit. Dans son association, des mères célibataires rejetés par leurs familles, bénéficient de formations, de cours d’alphabétisation et d’un travail pour qu’elles puissent être indépendantes du point de vue financier au bout de trois ans. Une chance est donc donnée à ces mères célibataires en constant combat contre le regard d’une société traditionnelle intolérante. Pour assister ces mères dans la vie professionnelle, plusieurs cantines, un restaurant, un hammam, une salle de sport et un salon de coiffure et des kiosques sont gérés par ces mères célibataires.

L'association fait appel aux donateurs à hauteur de 50% de ses besoins, l'autre moitié est couverte par ses activités. L’association assure l'alphabétisation et la formation des mamans dans un secteur productif et accessible (couture, cuisine, pâtisserie marocaine, soins de beauté secrétariat, gestion etc.....). Les mamans perçoivent une aide financière et en nature chaque semaine : l'association prend en charge une partie du loyer des appartements loués par ses bénéficiaires, elle participe aussi au panier, les couches, le lait en poudre pour bébé. Le but n'est pas de prendre en charge en totalité les besoins de la Maman, mais surtout de l'aider à avoir une certaine autonomie pour garder son enfant dans les meilleures conditions.

En effet, l'association assure un service traiteur. Au même moment ou elles sont formées, les Mamans assurent une partie de la production qui est destinée à la vente.

En créant « Solidarité féminine », Aicha Chenna a d’ailleurs dû faire face a bien des résistances et autant de menaces ! « J’ai été taxée dès le départ d’être une femme qui encourage la prostitution », rappelle-elle. En 2000, elle passe sur Al Jazzera. Une interview durant laquelle, elle parle entre autres, de mères célibataires. Elle est immédiatement condamnée par des islamistes et menacée de mort.

Lors de son un entretien accordé au site emarrakech.info , elle revient sur son engagement avec et la création de Solidarité féminine.


« Solidarité féminine " est le fruit d’une révolte née dans les années 70. J’étais animatrice d’éducation sanitaire. Un jour, j’expliquais aux enfants d’un orphelinat que s’ils n’avaient pas de parents connus, ils devaient s’aimer comme frères et sœurs afin de donner l’amour dont tout enfant a besoin. Une fille de 15 ans m’a dit : " Vous parlez de donner de l’amour… mais comment vous voulez que je donne quelque chose que je n’ai pas reçu ? Je n’ai qu’un seul sentiment en moi, c’est la haine. Alors ne me demandez pas de donner l’impossible ". J’ai reçu cette réponse comme une gifle. A ce moment-là, j'allais devenir mère.

Cet hiver-là, en 1974, il a fait très froid. Les mères qui venaient accoucher pouvaient abandonner leur enfant, et venaient sans affaires pour lui : on l’enveloppait dans un foulard. Cet hiver-là, de nombreux bébés sont morts de froid faute de vêtements. J’ai interpellé l’Union nationale des femmes marocaines et l’Association marocaine de planning familial. Je leur ai dit : " Les croissants, on les protège pour qu’ils restent chauds, mais des enfants meurent de froid ! ".

Le déclic, je l’ai eu après mon accouchement, en 1981. J’étais dans le bureau des assistantes sociales. Une maman donnait le sein à un bébé. Elle venait de signer l’acte d’abandon. Quand la voiture de l’orphelinat arrive, d’un coup sec, elle tire sur son sein. Le lait se met à gicler et l’enfant à hurler… Je suis sortie en pleurant. Je suis rentrée chez moi retrouver mon bébé. Je lui ai donné le sein. J’ai pensé à l’autre, qui en avait été privé, et à sa mère. Je n’ai pas dormi de la nuit. »

Sur cette vidéo Aicha Chenna explique son action, son combat et les défis auxquels elle est confrontée et qui sont ceux de la société marocaine et ce en dépit des avancées du nouveau code de la famille de 2004. 

Elle reçoit de nombreux prix dont le prix l’Opus Prize  (1million de dollars) créé en 1994 par Gerry Rauenhorst, un riche homme d’affaires de l’Etat du Minnesota, aux Etats-Unis qui récompense les initiatives sociales alliant foi et gestion rigoureuse. Généralement, attribué à des prêtres ou des bonnes sœurs Mme Chenna a été la première femme musulmane à l’avoir eu.

Sa notoriété dans le pays n’étant plus à démontrer, son action présente vise à développer son association, mais surtout faire évoluer le statut juridique des enfants nés hors mariage comme elle l’explique si bien sur la vidéo déjà citée. 



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