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Sabta et Melilla, présides espagnols en terre marocaine : une aberration historique

Cet article est une réponse au discours de Sa Majesté le Roi d'Espagne Felipe VI qui, lors de sa visite à Sabta et à Melilla les 13 et 1...

jeudi 15 octobre 2026

Sabta et Melilla, présides espagnols en terre marocaine : une aberration historique

Cet article est une réponse au discours de Sa Majesté le Roi d'Espagne Felipe VI qui, lors de sa visite à Sabta et à Melilla les 13 et 14 octobre 2026, a affirmé que ces deux villes sont l'Espagne et font partie de l'Europe. Quatre jours plus tôt, notre Roi rappelait devant notre Parlement que le partenariat avec le Maroc est un choix, et non une soumission. Je suis un simple citoyen marocain, actif certes dans des publications et sur les réseaux sociaux pour défendre mon pays, ses citoyens et ses institutions. C'est à ce titre que je ne pouvais pas laisser passer cette visite et ce discours sans réagir.

Un ami du Maroc

Commençons par rendre justice à Felipe VI : il a toujours été un ami de notre pays.

Son amitié avec notre Roi Mohammed VI ne date pas d'hier. Elle remonte à l'époque où ils étaient tous les deux princes héritiers. En juillet 2014, à peine monté sur le trône, c'est au Maroc qu'il a réservé sa première visite dans un pays arabe et africain. Notre Roi l'a alors décoré, ainsi que la Reine Letizia, du Wissam Al Mohammadi. Il est revenu en visite d'État en 2019. En 2022, après une crise difficile entre nos deux pays, il a souhaité publiquement refonder la relation sur des bases plus solides.

En septembre 2023, quand la terre a tremblé dans Al Haouz, il a écrit à notre Roi en l'appelant « cher frère ». Il a dit sa profonde tristesse et sa proximité avec le peuple marocain, et l'Espagne a envoyé ses sauveteurs militaires. Nous ne l'avons pas oublié : notre Roi l'en a remercié publiquement. Dans ses discours, Felipe VI a toujours eu des mots bienveillants pour le Maroc et les Marocains. À Sabta encore, il a présenté ses condoléances aux familles de ceux qui sont morts en juillet, « où qu'elles soient ». Beaucoup de ces familles sont marocaines. Ce geste nous a touchés.

C'est justement parce que nous le tenons pour un ami que cette visite et ce discours nous ont blessés. On attend d'un ami qu'il comprenne. Pas qu'il provoque.

Une provocation, et Madrid le savait

Depuis son avènement en 2014, Felipe VI n'avait jamais mis les pieds à Sabta ni à Melilla. Douze ans. Pourquoi ? Parce que Madrid savait parfaitement comment le Maroc recevrait une telle visite. Le précédent est connu de tous : en 2007, la visite de son père Juan Carlos avait provoqué le rappel de notre ambassadeur à Madrid.

Le roi l'a d'ailleurs reconnu lui-même à Sabta : cette visite, a-t-il dit, « était attendue depuis longtemps ». Attendue par qui ? Pas par nous, en tout cas. Si elle a attendu douze ans, c'est que l'on savait à Madrid ce qu'elle voulait dire.

Et quel moment ! Au lendemain de la Fête nationale espagnole. Deux mois après les événements de juillet à Sabta. Quatre jours après un discours de notre Roi qui appelait au respect mutuel. La presse espagnole ne s'y est pas trompée : le roi ne venait inaugurer ni un hôpital ni une école. Il venait affirmer, par sa seule présence, « l'espagnolité » de deux villes que nous considérons comme occupées.

Comment les Marocains pourraient-ils y voir autre chose qu'une provocation ?

Le discours de Sabta : des contre-vérités en série

J'ai lu attentivement le discours du roi d'Espagne. Il est habile, chaleureux pour les habitants, ferme pour l'opinion espagnole. Mais plusieurs de ses affirmations ne tiennent ni devant la géographie, ni devant l'histoire, ni même devant le droit européen. Reprenons-les une par une.

« Ceuta est l'Espagne… et Ceuta est l'Europe. » L'Espagne est en Europe. Sabta et Melilla sont en Afrique, sur la côte marocaine, accrochées à des provinces marocaines qui les nourrissent et leur fournissent leur main-d'œuvre. Un roi peut proclamer ce qu'il veut. Il ne déplace pas un continent.

« Sa frontière est une frontière de l'Union. » Vraiment ? L'Union européenne elle-même traite ces deux villes à part. Elles sont hors de l'union douanière européenne et soumises à un régime Schengen d'exception, avec des contrôles vers la péninsule. Drôle d'Europe que celle où l'on vous contrôle à la sortie ! Quant au Maroc, il n'a jamais reconnu ces lignes comme des frontières. Ce sont pour nous des points de passage vers des villes occupées.

« Une souveraineté non négociable, indiscutable. » Comment peut-on dire indiscutable ce que le Maroc conteste depuis son indépendance ? Nous revendiquons ces villes depuis 1956. Nous avons saisi le Comité de décolonisation de l'ONU dès 1975. En 1987, le roi Hassan II proposait encore à Madrid une cellule de réflexion commune sur leur avenir. Madrid n'a jamais répondu.

« Une tradition de coexistence au-delà des races, des langues et des religions. » Parlons-en. Cette coexistence, on la doit d'abord aux habitants d'origine marocaine, qui forment une grande partie de la population. Pendant des décennies, beaucoup d'entre eux ont vécu sans papiers espagnols, dans leur propre ville. Il a fallu les manifestations de 1985-1986 à Melilla pour que leur situation soit réglée. La coexistence n'est pas un cadeau de la Couronne : c'est une conquête de ces Marocains d'origine.

Et ce sous-entendu sur la « bonne foi ». Le roi exige la bonne foi « de part et d'autre » et parle de défendre la souveraineté espagnole « face à toute menace ». La menace, ce serait donc nous ? Nous qui, chaque jour, retenons les migrants et protégeons la sécurité de l'Espagne ? Majesté, que faites-vous de l'histoire que nous allons rappeler dans cet article ?

Cinq siècles à grignoter nos côtes

Sabta et Melilla ne tombent pas du ciel. Elles sont les restes d'une politique que l'Espagne a menée avec constance pendant cinq siècles : prendre pied sur notre littoral, ville après ville, rocher après rocher. Petit rappel pour ceux qui l'auraient oublié.

  • 1415 : les Portugais prennent Sabta. Elle passe à la Couronne espagnole pendant l'union des deux royaumes (1580-1640), et Madrid la garde.
  • 1497 : Melilla est prise par une expédition castillane, cinq ans à peine après la chute de Grenade.
  • XVIe-XVIIe siècles : Badis en 1564, Larache en 1610, La Mâamora (Mehdia) en 1614, l'îlot d'Al Hoceima en 1673. Moulay Ismail reprendra Larache et Mehdia. Les rochers, eux, sont toujours espagnols.
  • 1848 : occupation des îles Jaafarine, au large de Ras Kebdana.
  • 1859-1860 : guerre de Tétouan. La ville est occupée, le Maroc doit payer une indemnité écrasante et céder un comptoir sur l'Atlantique, qui deviendra Ifni.

Le XXe siècle a fait le reste. En 1912, la France impose le protectorat au sultan par le traité de Fès. L'Espagne ne laisse pas passer l'occasion : quelques mois plus tard, elle obtient tout le nord du pays, du Rif à Larache. Les Rifains le lui ont fait payer. Il a fallu à l'armée espagnole l'aide de la France et des bombardements chimiques sur les populations du Rif, aujourd'hui documentés par les historiens, pour venir à bout de la résistance d'Abdelkrim.

Au sud, même méthode. Protectorat sur le littoral saharien dès 1884, puis Tarfaya, puis Ifni. Et une décolonisation au compte-gouttes : Tarfaya en 1958, Ifni en 1969, le Sahara en 1975 seulement, après la Marche verte. L'Espagne est partie en nous laissant un problème qui empoisonne la région depuis cinquante ans. Le conflit du Sahara marocain, c'est d'abord un héritage espagnol.

Aujourd'hui encore, en plus de Sabta et Melilla, l'Espagne occupe Badis, l'îlot d'Al Hoceima et les îles Jaafarine. Des rochers à quelques centaines de mètres de nos plages, dans nos eaux territoriales. Ils sont à nous de fait et de droit. Leur seul « titre » espagnol, c'est d'avoir été pris un jour.

On entend aussi, de l'autre côté du détroit, que Sabta était espagnole « avant même que le Maroc existe ». Quel Maroc ? L'État marocain existe depuis les Idrissides, en 788. Puis viennent les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, les Saadiens et les Alaouites, au pouvoir depuis 1666. L'Espagne, elle, n'existe comme royaume uni qu'à partir de 1469. Sabta a vécu sept siècles dans l'orbite marocaine, de 710 à 1415. Elle a été prise par le Portugal au sultanat mérinide, pas par l'Espagne à un Maroc qui n'existait pas. Et elle n'est devenue définitivement espagnole qu'en 1668. Qui est arrivé le premier ?

Sabta, une gloire marocaine

Avant 1415, Sabta n'était pas une caserne. C'était une ville de savoir, un grand port entre l'Andalousie et l'Afrique, une cité de madrassas et de bibliothèques. Et ses enfants ont rayonné sur tout le Maroc et bien au-delà.

Le plus illustre est le Cadi Iyad (القاضي عياض), né à Sabta en 1083. Son Ach-Chifa est lu dans tout le monde musulman depuis neuf siècles, et il repose à Marrakech parmi les Sept Saints de la ville. Le géographe Al-Idrissi (الشريف الإدريسي) est né lui aussi à Sabta, vers 1100. C'est lui qui dessina pour le roi Roger II de Sicile l'une des cartes du monde les plus précises du Moyen Âge. Le saint patron de Marrakech, Abou al-Abbas as-Sabti (أبو العباس السبتي), porte le nom de sa ville natale. Et Ibn Rouchayd (ابن رشيد السبتي), savant et voyageur du XIIIe siècle, a laissé l'un des grands récits de voyage de son époque.

La liste est longue. Le juriste Mohammed Ibn Issa at-Tamimi (محمد بن عيسى التميمي السبتي), cadi de la ville, fut l'un des maîtres du Cadi Iyad. Mohammed Ibn al-Qassim al-Ansari (محمد بن القاسم السبتي) a décrit au début du XVe siècle les mosquées, les écoles et les bibliothèques de sa ville, juste avant qu'elle ne tombe. Et c'est un Sebti juif, Youssef Ibn Yahouda (يوسف بن يهوذا السبتي), médecin, poète et philosophe, qui fut le disciple préféré de Maïmonide. C'est à lui qu'est dédié le Guide des égarés.

Avis au roi d'Espagne : la coexistence des religions dont il se félicite tant existait à Sabta bien avant l'Espagne. Sous souveraineté marocaine. Ces hommes font partie de notre histoire et de notre patrimoine. On ne peut pas effacer sept siècles de Sabta marocaine pour ne garder que les six siècles d'occupation qui ont suivi.

Qu'a laissé l'Espagne ? Presque rien

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit : aucune colonisation n'est un bienfait, et la France a d'abord construit pour elle-même. Mais la comparaison entre les deux zones du protectorat est accablante pour Madrid.

Au sud, la France a laissé des ports, un réseau ferroviaire, des routes, des barrages et des villes nouvelles, de Casablanca à Rabat, de Fès à Kénitra. Dans la zone espagnole, hélas, presque rien : quelques quartiers européens à Tétouan, Larache ou Nador, un bout de chemin de fer, quelques bâtiments administratifs. L'Espagne, pauvre et déchirée par sa guerre civile, voyait surtout dans le Nord un réservoir de soldats. Des dizaines de milliers de Rifains et de Jbala ont été enrôlés dans l'armée de Franco.

Ce vide, nous l'avons payé cher. Le Rif et le Nord sont sortis du protectorat enclavés, sous-équipés, coupés du reste du pays. Il a fallu attendre les années 2000 et les grands chantiers lancés par le Maroc lui-même, Tanger Med, la rocade méditerranéenne, les zones industrielles, le TGV, pour que le Nord rattrape son retard.

Au Sahara, même bilan. L'Espagne y a exploité les phosphates de Boukraa et pillé la pêche. À son départ, Laâyoune n'était qu'une petite ville de garnison. Les villes, les ports, les routes et les universités de nos provinces du Sud, c'est le Maroc qui les a construits.

Anticolonialistes à Jérusalem, colonisateurs à Sabta

L'Espagne aime se présenter en Europe comme la grande conscience anticolonialiste. Elle a reconnu l'État de Palestine en 2024. Ses dirigeants dénoncent à longueur de discours la colonisation et la spoliation des terres palestiniennes, au point de tenir tête à Washington. Cette année encore, Felipe VI a reconnu les exactions des conquistadors en Amérique. Cela l'honore.

Mais de qui se moque-t-on ? Comment concilier tout cela avec Sabta ? On ne peut pas condamner l'occupation des terres d'autrui à Jérusalem et la célébrer à Sabta. On ne peut pas faire son mea culpa pour les colonies d'Amérique et déclarer « non négociables » celles d'Afrique. L'Espagne est aujourd'hui le seul pays européen à garder des territoires sur le continent africain, enclavés dans un État voisin. Le dernier colonisateur d'Afrique peut-il donner des leçons d'anticolonialisme au monde ?

Et que dire de Gibraltar ? Depuis trois siècles, Madrid réclame aux Britanniques ce rocher au bout de la péninsule, au nom de l'intégrité territoriale et du bon sens géographique. Ce qui est un anachronisme à Gibraltar deviendrait sacré à Sabta, à vingt-cinq kilomètres en face ? Les mêmes arguments ne peuvent pas valoir d'un côté du détroit et pas de l'autre.

On me répondra que les habitants de Sabta et Melilla, y compris beaucoup de musulmans, veulent rester espagnols. Mais cet argument, c'est Madrid elle-même qui le rejette à Gibraltar ! Quand les Gibraltariens ont voté massivement pour rester britanniques, en 1967 puis en 2002, l'Espagne a refusé de reconnaître ces référendums. Motif : une population installée par l'occupant ne peut pas disposer d'une terre arrachée à un État voisin. Nous ne demandons rien d'autre que l'application du même principe. Il ne s'agit de chasser personne, mais de dire à qui appartient la terre, en garantissant les droits de tous ceux qui y vivent.

Et soyons sérieux sur cet attachement. Pour beaucoup de musulmans de Sabta et Melilla, le passeport espagnol, c'est d'abord un statut : celui de citoyen européen, avec la liberté de circuler, la sécurité sociale et les salaires qui vont avec. C'est un choix pragmatique, et je le comprends. C'est exactement celui de millions de Marocains installés en Europe ou en Amérique, qui prennent la nationalité de leur pays d'accueil sans jamais renier la leur. Ils restent marocains, reviennent chaque été, construisent leur maison au bled et y envoient leurs économies. Un passeport dit où l'on a des droits. Il ne dit pas à qui appartient la terre. Les liens de famille, de langue et de religion qui unissent les musulmans de Sabta à Tétouan, à Fnideq ou à Nador en disent bien plus long.

Au fond, ce débat est un faux débat. Une question de souveraineté se tranche par l'histoire et le droit, pas par les préférences d'une partie de la population à un moment donné. D'autant que les Espagnols dits « de souche » de Sabta et Melilla n'ont pas de racines anciennes sur ce sol. Ils descendent de soldats, de fonctionnaires, de bagnards et de colons venus de la péninsule, au fil des besoins de ces presidios, qui furent longtemps à la fois des forteresses et des bagnes. Leurs aïeux sont de Cadix, de Málaga ou d'Almería. Ceux des musulmans de la ville sont d'ici. On ne fonde pas un droit sur la présence de ceux que l'occupation a fait venir.

Loyaux, et payés en campagnes de presse

Malgré tout cela, le Maroc a toujours joué le jeu. Loyalement. Notre coopération sécuritaire avec l'Espagne est l'une des plus étroites qu'elle ait. Les renseignements de nos services ont permis, à maintes reprises, de démanteler des cellules terroristes et de déjouer des attentats sur le sol espagnol. Des vies espagnoles ont été sauvées grâce au Maroc. Les services espagnols le savent très bien, même si on l'entend rarement dire à Madrid.

Sur l'immigration, c'est la même chose. Depuis des années, le Maroc fait le travail ingrat de gendarme de la frontière sud de l'Europe. Ce sont nos forces de l'ordre qui empêchent chaque année des dizaines de milliers de migrants, venus pour beaucoup d'Afrique subsaharienne, d'atteindre Sabta et Melilla. Nous le faisons à nos frais, et sans grande reconnaissance.

Et quelle est la récompense ? Dès les événements de juillet à Sabta, une partie de la classe politique et de la presse espagnoles s'est déchaînée contre le Maroc. Une véritable campagne haineuse. Notre pays est devenu un argument de meeting, jusque dans les appels de l'opposition à des élections anticipées. Rabat a choisi la retenue, avant que notre ministère des Affaires étrangères ne dénonce, le 10 septembre, la volonté de certains milieux espagnols de faire du Maroc le bouc émissaire de leurs querelles internes. De cette campagne, le discours de Sabta n'a pas dit un mot.

C'est trop facile. On ne peut pas, le lundi, compter sur le Maroc pour protéger ses frontières et la vie de ses citoyens, et, le mardi, le traîner dans la boue dans les éditoriaux et les meetings.

Un partenariat, pas une soumission

C'est tout le sens du discours prononcé par notre Roi le 9 octobre devant notre Parlement. Il a salué les vrais progrès du partenariat avec l'Espagne, y compris contre l'immigration illégale. Mais il a dit les choses franchement : le modèle actuel de coopération migratoire a atteint ses limites. Des lois espagnoles dépassées et des décisions de justice déconnectées du terrain bloquent le rapatriement des mineurs et font le jeu des réseaux criminels. Et face aux déclarations irresponsables de certains milieux politiques et médiatiques, il a rappelé que ce partenariat est « un choix souverain et un engagement volontaire ». Pas de pression, pas de menace, pas de chantage.

La réponse de Madrid est arrivée quatre jours plus tard, sur le quai de Sabta. Nous attendions de Felipe VI, l'ami du Maroc, un geste d'apaisement. Nous avons eu une proclamation.

Que les choses soient claires : le Maroc ne cherche pas l'affrontement. Nous organiserons ensemble la Coupe du monde 2030. Nous commerçons, nous investissons et nous coopérons avec l'Espagne comme avec peu d'autres pays. Mais nous n'oublions pas ce qui nous appartient. Sur Sabta, Melilla et les îles, notre position n'a jamais changé depuis l'indépendance. Leur avenir doit se régler par le dialogue, entre deux États souverains, sans provocation ni fait accompli. Le roi Hassan II l'avait proposé à Juan Carlos il y a près de quarante ans. La proposition tient toujours.

L'Espagne et le Maroc sont deux voisins qu'aucun ne peut déménager. Ce voisinage mérite mieux que des visites-symboles et des campagnes de dénigrement. L'amitié de Felipe VI pour notre Roi et sa sollicitude envers les Marocains, je n'en doute pas. C'est pourquoi on peut attendre de lui, et de l'Espagne, une seule chose : appliquer à l'Afrique les beaux principes qu'ils défendent.

jeudi 20 août 2026

Lettre ouverte au Directeur de Mediapart


Monsieur le Directeur,

Vous avez envoyé au Maroc une journaliste d’origine algérienne qui vient d’être renvoyée par les autorités marocaines et vous criez au scandale. Or, permettez-moi de vous poser une question de bon sens. Comment une journaliste élevée dans un système où le Maroc est l’ennemi depuis soixante ans peut-elle couvrir le Maroc avec impartialité ? Parce que depuis leur indépendance en 1962 obtenue paradoxalement grâce au soutien massif et sacrificiel du Maroc- les Algériens sont élevés dans la haine du Maroc. Ainsi, la télévision d’État algérienne termine chaque journal télévisé du soir par des insultes et des invectives envers le Maroc et son Roi et les chaînes privées surenchérissent. En Algérie, la moindre parole positive sur le Maroc est une trahison qui peut conduire son auteur en prison. Ce n’est pas un préjugé. C’est la triste réalité d’un endoctrinement d’État qui dure depuis soixante ans. Vous n’étiez pas au courant ? C’est inquiétant pour un journal d’investigation.

Et ne me dites pas que cette journaliste fait exception. Peut-être. Mais un doute élémentaire aurait dû vous conduire à envoyer quelqu’un d’autre. C’est cela le professionnalisme. C’est cela l’impartialité. Pas un vœu pieux- une décision concrète.

Votre journal se targue de couvrir ce que les autres taisent. Soit. Alors répondez-moi- où sont vos enquêtes sur le régime algérien ? Car ce régime- que vous traitez avec une indulgence remarquable est le plus autoritaires de la région. Et les faits sont là.

Vous n’avez pas signalé par exemple que Boualem Sansal, a fait de la prison en novembre 2024. Son crime ? Avoir dit des vérités historiques. Vous n’avez pas non plus signalé que Kamel Daoud- Prix Goncourt 2024, a été condamné par contumace par la justice algérienne et vit en exil forcé pour la simple raison qu’il a osé parler de la décennie noir  dans un roman car le sujet  est tabou par la loi en Algérie. Deux des plus grands écrivains algériens contemporains poursuivis par leur propre régime pour avoir dit la vérité.

Vous n’avez pas rappelé à vos lecteurs ce qu’a été la décennie noire. Entre 1992 et 2002- un régime militaire a interrompu par un putsch un processus électoral démocratique. Ce qui a suivi ? Entre 100 000 et 200 000 morts. Des massacres de villages entiers. Des milliers de disparus. Et le régime a voté une loi d’impunité pour que jamais personne ne soit jugé et a interdit par la loi aux algériens d’en parler. Des mères algériennes cherchent encore aujourd’hui le corps de leurs enfants. Pas une enquête de Mediapart. Pas un dossier. Rien.

Vous n’avez pas signalé la frontière fermée. Depuis 1994- trente-deux ans- le régime algérien maintient fermée la frontière avec le Maroc. Des familles séparées depuis trois décennies. Un coût économique colossal pour les deux peuples. La frontière la plus absurde du monde entre deux pays frères. Mediapart a fait une enquête ? Non.

Vous n’avez pas signalé la Marche Noire de 1975. Des dizaines de milliers de Marocains expulsés d’Algérie du jour au lendemain- dépossédés de leurs biens, de leurs maisons, de leur vie en Algérie ; un pays de naissance pour eux parfois sur plusieurs générations. Des anciens maquisards ayant participé à la guerre de libération et leurs descendants n'ont pas été épargnés. Leur seul crime ;porter la nationalité marocaine Une expulsion massive et brutale que certains historiens comparent aux pires épisodes de l’histoire coloniale. Mediapart en a-t-il parlé ? Non.

Vous n’avez pas signalé que le Roi Mohammed VI depuis son accession au trône a toujours tendu la main au peuple et aux dirigeants. En vain Le 6 novembre 2018 il a dit publiquement et solennellement : « Dieu m’est témoin que depuis mon accession au Trône, j’ai appelé avec sincérité et bonne foi à l’ouverture des frontières entre les deux pays. » Mettre sur la table sans conditions tous les points litigieux entre les deux pays. Il a proposé de ce fait un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. Réponse du régime algérien ? Un silence méprisant. Pire  la rupture par le régime algérien de toutes les relations y compris humaine entre les deux pays . Vous n’avez pas signalé cette main tendue. Vous n’avez pas signalé ce refus.

Vous n’avez pas signalé que pendant que la télévision algérienne insultait le Maroc et son Roi chaque soir- la télévision marocaine ne répondait pas. Sur instructions royales. Le Roi lui-même demandait à son peuple de ne pas répondre aux provocations et de ne pas insulter le peuple algérien. Vingt-cinq ans de retenue et de dignité. Vingt-cinq ans de main tendue. Vous n’avez pas signalé  cela.

Vous n’avez pas signalé que le régime algérien finance et arme le Polisario depuis cinquante ans- instrument de partition et de déstabilisation du Maroc- tout en se présentant comme défenseur du droit à l’autodétermination. Une posture que la Résolution 2797 du Conseil de Sécurité du 31 octobre 2025 a sévèrement ébranlée

Monsieur le Directeur- il y a un fait historique fondamental que votre journal semble totalement ignorer. L’Algérie a obtenu son indépendance en 1962 avec le soutien massif et sacrificiel du Maroc. Ce n’est pas une affirmation marocaine. C’est l’histoire documentée par des sources arabes et européennes irréfutables.

Oujda était le quartier général de l’Armée de Libération Nationale. Le Maroc accueillait 150 000 réfugiés algériens. Mohammed V avait convoqué la Conférence de Casablanca de 1961 pour défendre l’intégrité territoriale de l’Algérie. Et le Maroc avait refusé de négocier ses propres frontières avec la France tant que l’Algérie n’était pas libre.

Résultat ? Un an après l’indépendance- en 1963- Boumediene déclenchait la Guerre des Sables contre le pays qui avait tout sacrifié pour lui. Première manifestation d’une ingratitude qui dure depuis soixante ans. Même logique. Même système. Chaque année une nouvelle provocation. Et pendant tout ce temps- le Maroc tend la main.

Ce contraste- entre la générosité historique du Maroc et l’ingratitude systématique du régime algérien- voilà un vrai sujet d’investigation pour Mediapart. Si vous avez le courage de le traiter.

Monsieur le Directeur. Je viens de terminer un livre qui traite entre autres en détail tout ce que vous n’avez pas signalé. Il s’intitule « Maroc – Algérie : Résilience face à la fraternité trahie » et paraître à la rentrée.

La première partie- « La fraternité du Maroc actée par l’histoire »- documente avec des sources arabes primaires du XIIIe siècle tout ce que le Maroc a fait pour l’Algérie à travers les siècles. La Bay’a de Tlemcen en 1830 quand les notables algériens ont choisi le Sultan du Maroc comme ultime recours. Le Sultan qui a anobli l’Émir Abdelkader avec le titre d’Émir et l’a soutenu pendant quinze ans en armes, en argent et en refuge. La bataille d’Isly en 1844 où des centaines de soldats marocains sont morts pour avoir refusé de trahir Abdelkader. Et Mohammed VI qui tend la main depuis vingt-cinq ans malgré tout.

Ce que personne ne sait encore- et que mon ouvrage révèle avec des sources irréfutables- c’est qu’Abdelkader lui-même, après la bataille d’Isly, a tenté de se retourner contre le Sultan qui lui avait tout donné profitant de la faiblesse du Maroc après la bataille d’Isly. La première ingratitude notable de l’histoire maroco-algérienne. Documentée par l’historien Al-Nasiri au XIXe siècle. Soixante ans plus tard- le schéma se répète.

La deuxième partie- « La fraternité trahie »- documente soixante ans de guerre non déclarée du régime algérien contre le Maroc. La Guerre des Sables de 1963- première manifestation de l’ingratitude. Le Polisario- instrument de partition et de déstabilisation. La Marche Noire. La frontière fermée depuis trente-deux ans. La guerre médiatique quotidienne. Sansal et Daoud- ou la vérité confisquée. Et la rupture diplomatique de 2021- acte final d’une dégradation programmée.

La troisième partie- « Maroc : la résilience »- montre comment le Maroc a répondu à toute cette trahison non pas par la haine symétrique mais par la construction, la diplomatie et la patience stratégique. La Marche Verte. Le développement économique des Provinces du Sud. La résolution 2797 du 31 octobre 2025- victoire diplomatique historique. Et les Lions de l’Atlas qui honorent leur pays sur tous les terrains du monde.

Cet ouvrage existe Monsieur le Directeur. Il est documenté. Il dit tout ce que vous n’avez pas signalé. Je vous invite à le lire et le faire lire par vos journalistes concernés avant de vous aligner par idiologie à un régime qui ne le mérite nullement.

 

Monsieur le Directeur- le vrai sujet n’est pas le renvoi d’une journaliste du Maroc. Le vrai sujet c’est votre deux poids deux mesures systématique. Le Maroc- qui progresse, qui réforme, qui tend la main- soumis à votre loupe critique permanente. L’Algérie- qui emprisonne ses écrivains, qui maintient une frontière fermée depuis trente-deux ans, qui n’a jamais établi les responsabilités de sa décennie noire- bénéficiant de votre indulgence remarquable.

Ce que vous faites s’appelle un biais idéologique. Vous avez le droit d’avoir vos sympathies. Mais pas au nom du journalisme d’investigation indépendant. Ces deux choses sont incompatibles.

Le Maroc n’est pas parfait. Aucun pays ne l’est. Signalez ses erreurs- c’est votre rôle. Mais jugez-le avec les mêmes étalons que vous appliquez à ses voisins. Ni plus sévèrement. Ni moins. Simplement avec la même rigueur que vous prétendez appliquer à tout le monde.

Je vous adresse cette lettre publiquement- parce que les questions publiques méritent des réponses publiques. J’attends la vôtre

mardi 27 janvier 2026

Maroc : Du spectre de la soif à la renaissance hydrique, le récit d’une résilience nationale

Après six années d'une sécheresse historique qui a poussé les réserves du Royaume à leurs limites extrêmes, le Maroc respire enfin. Alors que le taux de remplissage des barrages vient de franchir la barre symbolique des 52 %, niveau inédit depuis 2019, le pays récolte les fruits d'une stratégie de résilience sans précédent. Entre dessalement massif, autoroutes de l'eau et réutilisation des eaux usées, récit d'une nation qui a transformé un péril climatique en un moteur de souveraineté sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

​I. L’hiver du désespoir : Quand la soif a fait trembler le Royaume

​Il y a encore peu de temps, le Maroc contemplait un paysage d'apocalypse climatique. Six années consécutives de sécheresse avaient fini par briser le cycle naturel, installant un sentiment de désespoir profond dans les campagnes. Des barrages historiques, tels qu'Al Massira ou Bin El Ouidane, n'étaient plus que des cuvettes de boue craquelée, leurs réserves tombant sous le seuil critique des 5 %.

​Cette agonie hydrique a eu des conséquences sociales directes. Dans plusieurs régions du pays, la rareté de l'eau a poussé les citoyens dans la rue. Ces manifestations, nées d'une détresse réelle face aux coupures d'eau potable, ont rappelé l'urgence d'une réponse d'État. L'économie, elle, a vacillé : la production hydroélectrique s'est presque tue, alourdissant la facture énergétique du pays.

​Le monde rural, qui fait vivre 40 % de notre population, a été le premier sacrifié. Les nappes phréatiques, surexploitées, ont subi des baisses de niveau vertigineuses, rendant les puits des petits agriculteurs inutilisables. Dans un arbitrage douloureux, les autorités ont dû privilégier la consommation domestique des villes au détriment de l'irrigation, sonnant le glas de milliers d'hectares de cultures gourmandes en eau.

​II. La Riposte Stratégique : Une mue technologique sous impulsion Royale

​Face à ce péril, le Maroc n'a pas seulement attendu la pluie. Sous la direction d'une commission stratégique présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le pays a opéré une transformation radicale de son modèle hydraulique autour de trois axes majeurs :

  1. ​L'offensive du dessalement (Atlantique et Méditerranée) : Le Maroc transforme désormais ses deux façades maritimes en sources de vie. Si la station d'Agadir a été pionnière, le complexe géant de Casablanca sécurise désormais le centre du pays. Sur la rive méditerranéenne, les projets de Nador et le renforcement des unités d'Al Hoceima et de Tanger montrent que chaque kilomètre de côte est mobilisé.
  2. ​Les Autoroutes de l’eau : Une prouesse d'ingénierie qui a permis l'interconnexion des bassins. Le transfert des eaux excédentaires du bassin du Sebou vers le Bouregreg a permis d'acheminer l'eau vers les zones assoiffées du centre en un temps record, évitant un rationnement drastique à Rabat et Casablanca.
  3. ​L'économie circulaire par la REUT : Pour préserver l'eau potable, le Maroc a généralisé la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Les expériences réussies de Marrakech, Rabat ou Casablanca pour l'arrosage des golfs, des espaces verts et des zones touristiques font désormais école, permettant d'épargner les précieuses réserves des barrages pour des usages vitaux.

​III. Janvier 2026 : Le tournant tant attendu

​Le début de cette année 2026 marque une rupture historique. Pour la première fois depuis juin 2019, le taux de remplissage national des barrages a atteint les 52 %. Ce chiffre n'est qu'un début : avec les précipitations actuelles et l'épais manteau neigeux de l'Atlas dont la fonte est imminente, les experts prévoient une remontée vers les 60 %, voire 70 % d'ici le printemps.

​IV. Conséquences : Une bouffée d’oxygène pour l'économie nationale

​Ce retour de l'eau est le véritable moteur de la croissance économique pour l'année à venir :

  • ​Relance du Monde Rural : Pour les 40 % de Marocains vivant de la terre, c'est le retour de la dignité. Les campagnes céréalières reverdissent et le cheptel national peut enfin être reconstitué.
  • ​Sécurité et Souveraineté : Les mesures structurelles (dessalement, REUT, interconnexions) agissent désormais comme un bouclier. L'eau des barrages peut à nouveau être partagée plus équitablement entre l'agriculture et la ville.
  • ​Stabilisation Sociale : La fin du stress hydrique extrême sécurise l'avenir des zones rurales et stabilise les prix des denrées alimentaires sur les marchés nationaux.

​Conclusion : La leçon de la résilience

​Le Maroc sort de cette crise métamorphosé. Si le ciel est à nouveau généreux, c'est bien la stratégie nationale visionnaire qui aura permis d'éviter le naufrage. En combinant la force des infrastructures classiques avec l'innovation technologique, le Royaume prouve qu'il peut transformer une menace climatique en une opportunité de développement durable, souverain et solidaire.

mercredi 21 janvier 2026

La CAN au Maroc : un révélateur brutal… et un tournant nécessaire

Ce que le Maroc a vécu lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations dépasse largement le cadre du football. Cette CAN, organisée avec un professionnalisme rarement atteint sur le continent, a mis en lumière une réalité que les Européens connaissent bien : on peut tout donner, tout faire correctement, et se heurter malgré tout à l’ingratitude, à la suspicion et parfois à l’hostilité. Pour le Maroc, cet épisode doit marquer un tournant.

La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc n’aura pas été un simple événement sportif. Elle a agi comme un révélateur brutal, parfois dérangeant, mais profondément instructif. Un miroir tendu au Maroc, à sa société, à son État, et surtout à sa manière d’envisager ses relations avec son environnement régional et international.

Ce que nous avons vécu durant cette CAN, les pays européens l’ont vécu avant nous, dans leurs relations avec certains pays africains : une générosité prolongée, des investissements massifs, puis la découverte amère que l’effort consenti ne garantit ni reconnaissance ni respect.

Un pays qui a tout donné

Le Maroc n’a pas simplement accueilli une compétition. Il a mobilisé un pays entier.

Stades modernes répondant aux standards internationaux, infrastructures routières et ferroviaires renforcées, capacités hôtelières mises à niveau, transport maîtrisé, sécurité efficace, organisation rigoureuse. À cela s’est ajouté un accueil populaire exemplaire, spontané, chaleureux, sans calcul ni arrière-pensée.

Peu de pays africains auraient pu organiser une CAN à ce niveau d’exigence. Peu de pays, même hors du continent, auraient accepté de faire autant, aussi vite, et avec un tel sens du détail.

Le choc de l’ingratitude

Et pourtant, cette exemplarité n’a pas toujours été accueillie par la reconnaissance attendue.

Au contraire, le Maroc a été confronté à des réactions d’une ingratitude assumée.

Dans certains pays voisins, mais aussi dans d’autres espaces arabes et africains, des populations ont célébré non pas une victoire sportive, mais la défaite du Maroc en finale. Un fait inédit, révélateur d’un malaise plus profond, qui dépasse largement le cadre du football.

Plus préoccupant encore, des accusations infondées ont circulé : arbitres prétendument soudoyés, matchs arrangés, organisation biaisée. Des accusations sans la moindre preuve, reprises avec une facilité déconcertante, comme si la réussite marocaine ne pouvait être que suspecte.

Un parallèle éclairant avec l’expérience européenne

Ce réflexe, les Européens le connaissent bien.

Lorsqu’ils investissent, accueillent ou organisent, ils sont soupçonnés d’arrière-pensées. Lorsqu’ils réussissent, ils deviennent suspects. Lorsqu’ils posent des règles, ils sont accusés de domination.

L’Europe a fini par comprendre une chose essentielle : on ne construit pas des relations saines sur la complaisance permanente ni sur la culpabilité sans fin.

Tirer enfin les bonnes leçons

Le Maroc n’a rien à se reprocher.

Il n’est pas responsable des frustrations des autres, ni de leurs échecs internes.

Il n’a pas à s’excuser de sa stabilité, de son sérieux ou de sa capacité à organiser.

Cette CAN doit marquer un moment de bascule. Non pas vers le repli, mais vers la clarté.

Il est temps d’assainir nos relations, y compris avec l’Europe, sur la base du respect, de la réciprocité et de la vérité.

Comme les pays européens l’ont fait avant nous, le Maroc doit désormais avancer sans culpabilité inutile, sans concessions suicidaires et sans cette gentillesse permanente qui finit par se retourner contre lui.

Cette CAN aura été un révélateur.

À nous d’en faire un tournant.

Le respect, en politique comme dans l’histoire, commence toujours par soi-même.

lundi 19 janvier 2026

Une première dans l’histoire du football : célébrer la défaite du voisin

 Hier, plusieurs médias algériens, dont TSA et d’autres organes de presse, ont rapporté – parfois avec une certaine fierté – des scènes de liesse dans plusieurs villes algériennes après l’élimination du Maroc. Klaxons, rassemblements nocturnes, cris de joie : non pas pour célébrer une victoire algérienne, mais pour fêter la défaite du voisin.

Certains commentateurs l’ont eux-mêmes reconnu : c’est une première dans l’histoire du football qu’un pays célèbre massivement la défaite d’un autre. Ce fait mérite qu’on s’y arrête, car il dépasse largement le cadre du sport.

Ce qui était célébré n’était pas une victoire

Il est important de le souligner : ce soir-là, ce n’est pas la performance du Sénégal qui était au centre des réjouissances. Ce n’était pas un hommage au football, au jeu ou au mérite sportif. C’était bien la défaite du Maroc qui faisait office d’événement heureux.

Le football a toujours connu des rivalités, parfois vives, parfois excessives. Mais célébrer la défaite du voisin comme une victoire par procuration marque une rupture symbolique inquiétante.

La réussite marocaine comme élément déclencheur

Cette réaction ne peut être comprise sans contexte. Le Maroc ne se contentait pas de participer à une compétition : il en était l’organisateur. Et l’organisation de cette CAN a mobilisé des efforts considérables, visibles et reconnus bien au-delà du continent africain.

Stades modernes ou rénovés, pelouses aux standards internationaux, infrastructures hôtelières de qualité, réseaux de transport performants, capacité d’hébergement, organisation logistique et sécuritaire : le Maroc a investi, planifié et livré une compétition à la hauteur des grandes exigences internationales.

Cette réussite organisationnelle, comme je l’ai déjà souligné dans « La CAN au Maroc : quand la réussite dérange », n’est pas neutre. Elle renvoie l’image d’un pays qui avance, qui prépare l’avenir, qui assume ses ambitions sportives et économiques. Et cette image dérange.

Un contraste qui interroge

Il est utile de rappeler un épisode révélateur. En 2019, lorsque l’Algérie a remporté la Coupe d’Afrique des Nations, le Roi du Maroc avait adressé une lettre officielle de félicitations au président algérien. Dans plusieurs villes marocaines, notamment dans l’Oriental, des citoyens sont sortis célébrer la victoire algérienne, par proximité humaine et esprit sportif.

Ce contraste est frappant :

– célébrer la victoire de l’autre,

– ou célébrer sa défaite.

La différence n’est pas sportive. Elle est politique et culturelle.

Le football comme miroir d’un système

Depuis des années, une partie du discours officiel et médiatique algérien entretient une obsession permanente autour du Maroc. Le football, comme d’autres domaines, devient alors un exutoire idéal. La défaite du voisin est perçue comme une victoire symbolique, presque comme une revanche politique.

Comme je l’ai déjà analysé dans « L’Algérie : pourquoi cette haine ? », cette posture n’est pas accidentelle. Elle est le produit d’un système qui a fait de la désignation d’un ennemi extérieur un mode de gouvernance et un outil de diversion face aux difficultés internes.

Une dérive inquiétante pour le sport

Ce qui inquiète, ce n’est pas la rivalité sportive – elle est légitime – mais la banalisation d’une culture de la haine, au point qu’elle déborde jusque dans le football, censé être un espace de fair-play, de dépassement et de rassemblement.

Quand un peuple en vient à célébrer non pas ses propres succès, mais les échecs de l’autre, c’est le signe d’un malaise profond. Un malaise que ni les klaxons ni les cris de joie ne pourront masquer durablement.

Le football passe. Les peuples restent. Et l’histoire retiendra toujours qui a choisi de construire, et qui s’est contenté de se réjouir de la chute du voisin.

lundi 12 janvier 2026

CAN au Maroc : quand la réussite sportive se heurte à la dérive politique algérienne

La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc a mis en lumière bien plus qu’un simple événement sportif. Entre une organisation saluée par de nombreux observateurs africains et internationaux, et une campagne de dénigrement alimentée par la presse algérienne après la défaite de son équipe, cette CAN révèle une dérive politique où le refus de l’échec le dispute à l’acharnement médiatique.

La lourde défaite de l’équipe algérienne face au Nigeria aurait pu – et dû – rester un simple épisode sportif. Une occasion normale de remise en question, d’analyse lucide et de réflexion sur les faiblesses techniques et tactiques d’une équipe nettement dominée. Mais dans le cas algérien, le sport n’est jamais totalement séparé du politique. Il devient rapidement un instrument de communication et de diversion.

Une défaite transformée en affaire politique

Au lieu d’assumer l’échec, les responsables algériens et leur appareil médiatique ont immédiatement opté pour la victimisation et l’accusation. Arbitrage hostile, organisation défaillante, environnement prétendument biaisé : tous les éléments du discours étaient déjà prêts, comme si la défaite ne pouvait, par principe, être que le résultat d’un complot.

Cette réaction n’est pas nouvelle. Elle révèle une constante : en Algérie, perdre devient inacceptable dès lors que le Maroc est concerné, de près ou de loin. La responsabilité interne est systématiquement évacuée au profit d’un ennemi extérieur commode.

Une organisation marocaine qui contredit la propagande.

Le Maroc, pour sa part, s’est pleinement investi pour faire de cette Coupe d’Afrique des Nations une réussite continentale. D’importants moyens ont été mobilisés pour offrir des infrastructures sportives modernes, des réseaux de transport performants, une capacité hôtelière adaptée et un encadrement logistique à la hauteur des standards internationaux.

Dans plusieurs villes du Royaume, les équipes africaines et leurs supporters ont bénéficié d’un accueil chaleureux, professionnel et sécurisé. Les stades réalisés ou rénovés en un temps record constituent de véritables œuvres architecturales, combinant esthétique, sécurité et excellence technique.

Le stade Moulay Abdallah en est l’exemple le plus emblématique : un véritable joyau, équipé notamment de plus de 800 caméras de surveillance, garantissant la sécurité des joueurs, des officiels et du public, ainsi que la fiabilité totale des installations.

Des pelouses mises à l’épreuve… et restées impeccables.

Ces dernières semaines, de fortes pluies torrentielles se sont abattues sur plusieurs régions du Maroc. Un test grandeur nature pour les pelouses et les équipements sportifs. Le résultat est sans appel : les terrains sont restés impeccables, parfaitement praticables, offrant des conditions de jeu unanimement saluées par les observateurs indépendants.

Là encore, la réalité a démenti les discours alarmistes et malveillants diffusés avant la compétition.

L’acharnement médiatique algérien : du dénigrement à la falsification

Car bien avant le début de la CAN, la presse algérienne officielle et para-officielle s’était engagée dans une véritable campagne de dénigrement contre le Maroc. Selon elle, l’organisation serait un fiasco annoncé, les stades de simples « maquettes », les infrastructures insuffisantes et la compétition vouée à l’échec.

Après la défaite face au Nigeria, cette campagne s’est transformée en un acharnement médiatique obsessionnel. Incapables d’expliquer l’échec sportif, de nombreux médias algériens ont préféré multiplier les contre-vérités et les récits mensongers visant le Maroc, afin de détourner l’attention de l’opinion publique algérienne.

Le sport devient alors un outil politique, utilisé pour masquer les dysfonctionnements internes et entretenir artificiellement un climat d’hostilité permanente envers un voisin présenté comme responsable de tous les revers.

Le spectacle indigne du mauvais perdant

Cette dérive ne s’est pas limitée aux mots. À la fin du match, des arbitres ainsi que des journalistes marocains ont été physiquement pris à partie. Le terrain lui-même n’a pas été épargné, envahi et dégradé par des supporters algériens en colère.

À l’inverse, d’autres équipes africaines, pourtant éliminées de la compétition, ont quitté le tournoi avec dignité, respect des règles du fair-play et sens des responsabilités. Elles n’ont ni cherché d’alibi politique, ni sombré dans la violence ou la diffamation.

Quand le sport révèle la nature d’un régime

Ce qui s’est produit lors de cette CAN dépasse largement le cadre du football. Il met en lumière une culture politique profondément ancrée : celle du refus de l’échec, du déni de responsabilité et de la désignation systématique d’un bouc émissaire, le Maroc en l’occurrence.

La réussite marocaine dérange précisément parce qu’elle est concrète, visible et reconnue par l’Afrique. Elle expose, par contraste, les limites d’un système qui confond propagande et réalité, et qui transforme chaque défaite en crise politique.

Une posture qui accentue l’isolement régional de l’Algérie

Au-delà de l’épisode sportif, cette séquence illustre une tendance plus profonde : l’isolement politique et diplomatique croissant du régime algérien sur la scène régionale et continentale. À force de transformer chaque échec en complot et chaque réussite marocaine en menace, Alger s’enferme dans une logique de confrontation stérile.

Alors que de nombreux pays africains privilégient aujourd’hui la coopération, l’intégration régionale et la diplomatie pragmatique, le régime algérien persiste dans une rhétorique de guerre froide fondée sur l’hostilité permanente envers le Maroc. Cette obsession finit par lasser, y compris parmi ses partenaires traditionnels.

La CAN organisée au Maroc aura ainsi servi de révélateur : pendant que le Royaume consolide son ancrage africain par l’action, l’investissement et la crédibilité, l’Algérie se marginalise par le déni, la propagande et le refus de toute autocritique.

À terme, ce n’est pas le Maroc qui sort affaibli de cette posture, mais bien un régime enfermé dans la logique du mauvais perdant permanent.

jeudi 18 décembre 2025

18 décembre le monde célèbre la Journée de la langue arabe.

   Le 18 décembre, le monde célèbre la Journée langue arabe, proclamée par les Nations unies. Cette date offre l’occasion de rappeler une évidence trop souvent occultée : réduire la langue arabe à la seule langue du Coran est un non-sens historique et intellectuel.

L’arabe a existé bien avant la révélation islamique et, bien au-delà de sa dimension spirituelle. Elle a été une grande langue du savoir, de la science, de la médecine, de la philosophie et de la technologie.

Texte

Pendant plusieurs siècles, la langue arabe fut l’une des principales langues internationales de la production intellectuelle. Les grandes avancées en mathématiques, en médecine, en physique, en chimie, en biologie, mais aussi en philosophie et en sciences humaines, ont été pensées, formulées, écrites et transmises en langue arabe.

Une langue structurée pour la pensée rationnelle

La langue arabe possède une architecture linguistique d’une richesse exceptionnelle. Son système de racines, sa précision sémantique et sa capacité à générer des concepts abstraits lui ont permis de devenir un outil de raisonnement rigoureux. L’arabe n’a jamais été une langue figée ; elle a su créer des termes nouveaux, nommer l’inconnu et formaliser des idées complexes.

Des mots aujourd’hui universels comme algèbre, algorithme, zéro, chimie, alcool, azimut ou zénith témoignent encore de cette époque où la langue arabe était au cœur de l’innovation scientifique mondiale.

Mathématiques : la naissance de la méthode

C’est en langue arabe que se sont posées les bases des mathématiques modernes. Al-Khwarizmi, écrivant en arabe, fonde l’algèbre comme discipline autonome et introduit une méthode rationnelle de résolution des équations. L’usage du zéro, la numération positionnelle, les progrès en géométrie et en trigonométrie sont élaborés et diffusés en arabe avant d’être transmis à l’Europe médiévale.

Il ne s’agit pas d’un simple héritage technique, mais d’un véritable changement de paradigme intellectuel.

Physique et optique : l’avènement de l’expérimentation

Avec Ibn Al-Haytham, la science franchit un seuil décisif. Ses travaux, rédigés en arabe, reposent sur l’observation, l’expérimentation et la vérification des hypothèses. En physique et en optique, il pose les fondements de ce que l’on appellera plus tard la méthode scientifique moderne.

La langue arabe devient alors un instrument précis pour décrire le réel et démontrer rationnellement les phénomènes naturels.

Médecine, biologie et sciences du vivant

En médecine, l’apport des savants arabes est considérable. Ibn Sina, avec son Canon de la médecine, rédigé en arabe, propose une synthèse rigoureuse du savoir médical, intégrant diagnostic, pharmacologie, hygiène et éthique. Cet ouvrage restera une référence dans les universités européennes pendant plusieurs siècles.

Al-Zahrawi, pionnier de la chirurgie, décrit en arabe des instruments et des techniques opératoires d’une précision remarquable. En biologie et en botanique, les savants arabes observent, classent et analysent le vivant selon des méthodes empiriques et rationnelles.

Chimie : des fondements scientifiques durables

La chimie, dont le nom même dérive de l’arabe al-kimiya, s’est développée comme discipline expérimentale dans le monde arabe. Les procédés de distillation, de purification, de sublimation et d’analyse des substances ont été décrits, perfectionnés et transmis en langue arabe, posant les bases de la chimie moderne.

Philosophie et sciences humaines : penser le monde en arabe

La langue arabe fut également une grande langue de la philosophie. Al-Farabi, Ibn Sina et Ibn Rochd ont réfléchi à la raison, à la connaissance, à l’éthique et à l’organisation de la société. Leurs œuvres, rédigées en arabe, ont profondément influencé la pensée européenne.

Ibn Khaldoun, écrivant en arabe une langue d’une rare densité conceptuelle, a jeté les bases de la sociologie, de l’économie politique et de la philosophie de l’histoire, bien avant l’époque moderne.

Une langue de création et de transmission

La langue arabe a joué un rôle central dans la transmission des savoirs antiques, mais elle ne s’est jamais limitée à cette fonction. Elle a créé un savoir original, structuré et universel, qui a contribué de manière décisive à l’histoire intellectuelle de l’humanité.

Conclusion

Célébrer la langue arabe le 18 décembre ne relève ni de la nostalgie ni du symbolisme. C’est rappeler qu’une langue qui a porté la science, la raison et l’universalité demeure porteuse d’un immense potentiel intellectuel.
La langue arabe n’est pas seulement un héritage culturel ou religieux ; elle est une langue de pensée, de connaissance et de création, dont l’histoire prouve qu’elle peut pleinement accompagner les défis du présent et de l’avenir

samedi 25 octobre 2025

Algerie: pourquoi cette haine maladive contre le Maroc.

Quand la fraternité maghrébine est trahie par la rancune et la manipulation politique

Une hostilité entretenue depuis des décennies

Que les citoyens algériens nous expliquent, sincèrement et calmement, pourquoi cette haine maladive et persistante contre le Maroc.
Car il faut le dire sans détour : cette hostilité n’est pas récente. Elle semble entretenue, alimentée et instrumentalisée depuis des décennies par certains cercles du pouvoir algérien.
Tout le monde sait aujourd’hui que le dossier du Sahara marocain n’est qu’un prétexte commode pour justifier une animosité profondément enracinée.

Une haine devenue politique d’État

Cette haine s’est traduite par une série d’actes hostiles sans précédent :

-fermeture de l’espace aérien algérien aux avions civils marocains,

-rupture unilatérale des relations diplomatiques,

-imposition de visas aux citoyens marocains,

-campagnes d’insultes et de dénigrements quotidiens contre le Maroc et son Roi,

- organisation régulière de manœuvres militaires à la frontière, comme pour entretenir la tension et faire planer la menace.

Dans l’Algérie d’aujourd’hui, tout journaliste, intellectuel ou simple citoyen qui ose parler positivement du Maroc, ou simplement appeler à la réconciliation, risque la prison.
La répression atteint même le domaine du sport : les exploits du Maroc à la Coupe du monde 2022 et les victoires de nos jeunes en U20 ont été délibérément passés sous silence par les médias publics algériens, comme si la réussite marocaine était une offense nationale.

L’histoire contredit l’hostilité algérienne

Et pourtant, les faits sont têtus.
Les Turcs, avec une occupation de 314 ans, et les Français, avec 132 ans de colonisation sanglante, ont fait subir au peuple algérien des souffrances indicibles : massacres, spoliations, humiliations et déracinements.
Mais malgré tout cela, l’Algérie indépendante n’a jamais développé une telle haine à leur égard.
Bien au contraire, elle entretient aujourd’hui avec ces deux pays des relations diplomatiques, économiques et culturelles soutenues.

Alors pourquoi cette hostilité acharnée envers le Maroc, qui n’a jamais colonisé ni agressé l’Algérie, mais qui, au contraire, l’a aidée et soutenue dans sa lutte pour la liberté ?

Le Maroc de Mohammed V, pilier du combat pour l’indépendance algérienne

L’histoire est claire : le Maroc, sous le règne du Sultan Mohammed V, a été un allié fidèle et courageux du peuple algérien durant sa guerre d’indépendance.
Le Royaume a ouvert ses frontières, offert abri, armes et soutien logistique aux combattants du FLN, et plaidé leur cause dans toutes les tribunes internationales.
Ce soutien, inspiré par la fraternité et le sens du devoir, fut un acte de solidarité sincère, sans calcul politique.
Et le Maroc en a payé le prix fort, subissant la colère du colonisateur français.

Mais après l’indépendance, au lieu de reconnaissance, ce fut la désillusion :
au lieu d’une main tendue, un poing fermé ;
au lieu d’un frère, un adversaire.

Une politique héritée du colonialisme

L’Algérie officielle a fini par reprendre les thèses coloniales visant à affaiblir le Maroc.
Elle a soutenu et financé le Polisario, instrument docile de déstabilisation régionale, reprenant ainsi la logique des anciens colonisateurs : diviser pour régner.
Au lieu d’œuvrer à la construction d’un Maghreb uni et fort, Alger a préféré alimenter la discorde, au détriment de ses propres citoyens et de la stabilité de la région.

Le Maroc a le droit de se défendre

Les dirigeants algériens reprochent aujourd’hui au Maroc d’avoir normalisé ses relations avec Israël.
Mais le Maroc, État souverain, a le droit de choisir ses alliances.
Et quand un pays fait face à une hostilité militaire ouverte à ses frontières, il est dans son droit le plus absolu de rechercher la sécurité par tous les moyens nécessaires.
S’il fallait, symboliquement, s’allier avec le diable pour protéger sa souveraineté, le Maroc y serait légitimement autorisé.
Aucun pays n’a le monopole de la morale diplomatique, encore moins ceux qui cultivent la haine et la division.

Un appel à la lucidité et à la raison

Ce que nous, au Maroc, n’arrivons pas à comprendre, c’est cette obstination à ériger un mur entre deux peuples frères, liés par la foi, la langue, l’histoire et la géographie.
Le Maroc, fidèle à sa tradition de sagesse et à la vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, continue malgré tout à tendre la main, dans l’espoir qu’un jour, la raison et la fraternité l’emporteront sur la rancune et la manipulation.

Aux Algériens lucides, aux intellectuels libres et aux jeunes conscients, une seule question s’impose :
Pourquoi cette haine ?
Et surtout, à qui profite-t-elle ?

Pourquoi cette haine maladive contre le Maroc ?

Que les citoyens algériens nous expliquent, sincèrement et calmement, pourquoi cette haine maladive et persistante contre le Maroc.

Car il faut le dire sans détour : cette hostilité n’est pas née d’hier. Elle semble entretenue, alimentée et instrumentalisée depuis des décennies par certains cercles du pouvoir algérien.
Tout le monde sait aujourd’hui que le dossier du Sahara marocain n’est qu’un prétexte, une façade commode pour justifier une animosité profondément enracinée.

Une haine devenue politique d’État

Cette haine s’est traduite par une série d’actes hostiles sans précédent :

  • fermeture de l’espace aérien algérien aux avions civils marocains,
  • rupture unilatérale des relations diplomatiques,
  • imposition de visas aux citoyens marocains,
  • campagnes d’insultes et de dénigrements quotidiens contre le Maroc et son Roi, relayées par la presse officielle et certains responsables algériens,
  • et, fait aggravant, organisation régulière de manœuvres militaires à la frontière maroco-algérienne, comme pour entretenir la tension et faire planer la menace.

Pire encore, dans l’Algérie d’aujourd’hui, tout journaliste, intellectuel ou simple citoyen qui ose parler positivement du Maroc, ou même évoquer la nécessité d’un rapprochement entre les deux peuples, risque la prison.
Cette répression s’étend même au domaine sportif : les exploits historiques du Maroc à la Coupe du monde 2022 et les victoires récentes de nos jeunes en U20 ont été délibérément passés sous silence par les médias publics algériens, comme si la réussite marocaine était un affront.

Le Maroc, un frère bienveillant, pas un ennemi

Pourtant, l’histoire parle d’elle-même.
Les Turcs, avec une occupation de 314 ans, et les Français, avec 132 ans de colonisation marquée par des massacres et des humiliations sans fin, ont fait subir au peuple algérien des souffrances incommensurables.
Et malgré cela, l’Algérie indépendante n’a jamais nourri à leur égard une telle haine.
Au contraire, elle entretient aujourd’hui avec ces deux pays des relations économiques et diplomatiques soutenues.

Alors pourquoi cette hostilité acharnée envers le Maroc, ce pays voisin qui n’a jamais colonisé ni agressé l’Algérie, mais qui, au contraire, l’a aidée et soutenue dans ses moments les plus difficiles ?

Le Maroc de Mohammed V, soutien du peuple algérien

L’histoire est claire : le Maroc, sous le règne du Sultan Mohammed V, a soutenu la cause de l’indépendance algérienne avec conviction et courage.
Il a ouvert ses frontières, offert abri, armes et assistance logistique aux combattants du FLN.
Il a plaidé leur cause sur la scène internationale, au nom de la fraternité maghrébine et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Ce soutien, loin d’être un calcul politique, était un acte de foi, inspiré par une vision d’unité et de solidarité.
Le Maroc a payé ce choix très cher, subissant la colère du colonisateur français, mais sans jamais renier son engagement envers ses frères algériens.

Et pourtant, à l’indépendance, au lieu de reconnaissance, ce fut la désillusion.
Au lieu d’une main tendue, le Maroc a trouvé un poing fermé.
Au lieu d’un partenaire loyal, il a découvert un voisin décidé à le combattre sur tous les fronts.

Une politique de division héritée du colonialisme

L’Algérie officielle a choisi de reprendre à son compte les thèses coloniales visant à affaiblir le Maroc.
Elle a créé et financé le Polisario, instrument de déstabilisation régionale, et a repris le vieux rêve des puissances coloniales : diviser le Maghreb pour mieux le neutraliser.
Au lieu de contribuer à une intégration régionale bénéfique à nos peuples, Alger a préféré entretenir la discorde et faire du Maroc un bouc émissaire permanent.

Le droit du Maroc à se défendre

Les dirigeants algériens reprochent aujourd’hui au Maroc d’avoir normalisé ses relations avec Israël.
Mais le Maroc, souverain dans ses décisions, a le droit de choisir ses alliances.
Un État responsable doit savoir défendre ses intérêts vitaux, surtout quand il fait face à une hostilité militaire persistante à ses frontières.
Et s’il fallait s’allier avec le diable pour garantir sa sécurité et préserver son intégrité territoriale, le Maroc y serait pleinement en droit.
Car aucun pays au monde n’a le monopole de la morale diplomatique, encore moins ceux qui cultivent la haine et la division.

Un appel à la lucidité et à la raison

Ce que nous, au Maroc, n’arrivons pas à comprendre, c’est cette obstination à ériger un mur entre deux peuples frères qui partagent la même foi, la même langue, la même histoire et le même destin.
Le Maroc, fidèle à sa tradition de sagesse et à la vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, continue malgré tout à tendre la main, dans l’espoir qu’un jour, la raison l’emportera sur la rancune.

Aux Algériens lucides, aux intellectuels libres et aux jeunes conscients, nous disons :
interrogez-vous.
Pourquoi cette haine ?
Et surtout, à qui profite-t-elle ?


mercredi 17 septembre 2025

Le vrai sens des responsabilité

Le vrai sens des responsabilités pour le gouvernement et pour nos responsables, à tous les niveaux, consiste d’abord à être à l’écoute des citoyens et à répondre avec célérité par des mesures concrètes à leurs préoccupations et à leurs doléances.

J’ai suivi avec un grand intérêt l’exposé du ministre de la Santé publique au sujet de l’hôpital Hassan II d’Agadir. En se déplaçant sur place, le ministre a pris des décisions énergiques pour redresser une situation devenue critique :

  • réhabilitation du bâti,
  • affectation de nouveaux équipements,
  • et surtout remplacement et sanction des responsables, y compris au niveau régional, pour leurs manquements avérés.

Ces mesures sont à saluer. Toutefois, plusieurs remarques s’imposent :

  1. Pourquoi avoir laissé la situation se dégrader pendant des années ?
    Le ministre, comme ceux qui l’ont précédé, dispose de directions centrales et régionales censées suivre de près les doléances des citoyens et l’écho des réseaux sociaux. Pourtant, rien n’a été fait alors que la situation se détériorait au détriment de la santé des citoyens.
    Un influenceur bien connu d’Agadir affirme avoir lancé régulièrement des alertes sur cet hôpital depuis plus de sept ans, sans qu’aucune réaction ne soit enregistrée. Il souligne, à titre de comparaison, la réactivité exemplaire des services de la DGSN qui interviennent rapidement chaque fois qu’il signale un dysfonctionnement lié à la sécurité dans la région.

  2. Qu’en est-il des autres hôpitaux publics ?
    Sur les réseaux sociaux, de nombreux témoignages font état de détresses et de dysfonctionnements dans plusieurs établissements hospitaliers. Mais rares sont les cas où ces alertes entraînent une réaction ferme et immédiate des autorités.
    D’où la nécessité d’élaborer un véritable programme d’inspection et d’audit couvrant l’ensemble des hôpitaux du pays, avec un suivi strict des recommandations et des sanctions en cas de négligence. En outre, le management d'organisation des services dans un hopital public  doit etre modernisé pour une gestion optimum  des effectifs, des equipements et des moyens materiels et eviter ainsi les deperditions et ne pas hesiter à sanctionner lourdement les fautifs pour l'exemple. En outre ne plus suivre l'exemple français qui a montré de graves failles ces dernieres annèes.

  3. Une chance unique pour les ministres actuels.
    Contrairement à leurs prédécesseurs, les responsables actuels disposent d’un outil formidable : les réseaux sociaux. Ceux-ci relaient en temps réel les cris, les alertes et les doléances des citoyens. Ils constituent donc un système d’alerte permanent sur le fonctionnement des services publics : absence de personnel, mauvais accueil, laxisme, laisser-aller, corruption, etc.
    Bien sûr, il est nécessaire de trier ces informations pour écarter les fake news, mais cette mission relève des services compétents de chaque ministère.

  4. Et le CHU d’Agadir ?
    Un autre sujet d’inquiétude reste en suspens : le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Agadir. Ce projet, vital pour la région, accuse un retard considérable alors qu’il devait être livré en 2023.
    Comment expliquer que notre pays ait réussi, avec célérité et efficacité, à construire de grands stades et de grandes infrastructures, mais qu’il traîne encore lorsqu’il s’agit d’édifier un CHU, pourtant essentiel à la santé des citoyens ?

En définitive, les responsables doivent comprendre que la première des responsabilités est d’être à l’écoute des citoyens et d’agir rapidement pour améliorer leurs conditions de vie. La santé publique ne peut souffrir ni du laxisme ni du retard.

dimanche 27 juillet 2025

Synthése du livre de Berbard Lugan sur la marocanité irrefutable du Sahara occidentale.

Présentation du livre.

Publié en avril 2024 aux éditions Ellipses, cet ouvrage de 108 pages propose une approche didactique et synthétique pour comprendre le conflit du Sahara occidental, en structurant ses réponses autour de 10 questions fondamentales  . L’auteur, historien spécialiste de l’Afrique du Nord, propose une démonstration appuyée par une riche documentation, 15 cartes en couleur et une bibliographie détaillée  .

Les grandes questions traitées

1. **Qu’est‑ce que le « Sahara occidental » ?**
Définition territoriale, contexte géographique et historique, et raisons pour lesquelles ce territoire est devenu un enjeu majeur entre Maroc et Algérie  .

2 Y a‑t‑il eu un État du nom de « Sahara occidental » ?
Lugan démontre qu’aucune entité politique de ce nom n’a jamais existé, que ce terme est une construction moderne, sans base historique solide  .

3. Existe‑t‑il un « peuple sahraoui » différemment identifié ?**
L’auteur rejette l’idée d’un peuple sahraoui isolé : il inclut ces populations dans les tribus marocaines historiques (Tekna, Rguibat)  .

4 Le Sahara occidental est‑il historiquement marocain ?**
Argument fondé sur des cartes officielles françaises du XIXᵉ siècle et des allégeances tribales reconnues par la CIJ en 1975, sans pour autant constituer une souveraineté pleine  .

6 Comment la colonisation a‑t‑elle amputé le Maroc ?

L’Espagne s’est approprié la Saquia el Hamra et l’Oued Ed Dahab alors que la France a détaché les provinces orientales (Touat, Tindouf…) en les rattachant à l’Algérie naissante  .

6. Le Maroc, un État mutilé à reconstituer ?
Selon la résolution 1514 de l’ONU (1960), les pays démantelés par la colonisation ont le droit de recouvrer leurs frontières précoloniales  .

7. Pourquoi l’Algérie soutient‑elle le principe d’un Sahara « indépendant » ?**
L’auteur suggère que l’Algérie a encouragé la création d’un État « sahraoui » pour obtenir un accès à l’océan et affaiblir le Maroc sur la scène régionale  .

8 Le conflit du Sahara : un différend Maroc‑Algérie ?
Exploration des tensions historiques, rivalités post‑coloniales et soutien algérien au Front Polisario  .

9 Plan marocain d’autonomie vs autodétermination : quelle solution ?
Lugan défend le plan d’autonomie présenté en 2007 sous souveraineté marocaine, qu’il considère comme une voie réaliste et négociable, préférée à un référendum, jugé irréalisable  .

10. Y a‑t‑il d’autres issues possibles ?**
L’ouvrage questionne l’unique viabilité du plan d’autonomie tout en soulignant l’absence de progrès dans la voie onusienne du référendum d’autodétermination  .

Principaux enseignements

Marocanité historique du Sahara occidental : reconstruite à travers des preuves cartographiques et juridiques antérieures à la colonisation.

Colonisation comme racine du conflit : délimitations imposées par l’Espagne et la France ont fragmenté l’État marocain.

Critique de la notion d’"état sahraoui" : ni historique ni légitime selon l’auteur.

Solution pragmatique : autonomie sous souveraineté marocaine, comme alternative plus crédible qu’un référendum incertain.
Bernard Lugan affirme que « si le Maroc avait appliqué les décisions de l’ONU, il aurait récupéré le Sahara bien avant 1975 »  .

 Conclusion

Le Sahara occidental en 10 questions apparaît comme un guide clair et documenté, défendant une lecture historique affirmée de la marocanité du territoire. L’ouvrage se veut accessible et explicatif, particulièrement utile pour les non-initiés et ceux qui souhaitent comprendre de façon structurée les grandes lignes du conflit.

jeudi 26 juin 2025

Gaza : un peuple sacrifié sous les yeux du monde

Un territoire enfermé dans l’histoire

Depuis 2007, la bande de Gaza, petit territoire de 365 km², est soumise à un blocus terrestre, aérien et maritime imposé par Israël, avec la complicité de l’Égypte. Ce territoire, l’un des plus densément peuplés au monde, est devenu une prison à ciel ouvert pour plus de deux millions de Palestiniens. Privés de liberté de circulation, d’accès normal à l’eau, aux soins, à l’électricité, les Gazaouis vivent dans des conditions déjà insoutenables avant même le déclenchement de la guerre actuelle.

Depuis le 7 octobre 2023, après l’attaque sanglante du Hamas sur le sud d’Israël, Gaza subit une offensive militaire sans précédent. Mais cette riposte, présentée comme une "guerre contre le terrorisme", a rapidement tourné à une destruction massive et indiscriminée.

Un massacre quotidien

Chaque jour, les bilans sont de plus en plus insoutenables. 30, 50, 100 morts par jour. Des milliers de blessés, souvent soignés sans anesthésie ni matériel médical, dans des hôpitaux à moitié détruits. Des civils, des enfants, des personnes âgées sont tués dans leurs maisons, dans les camps de réfugiés, dans les hôpitaux, dans les écoles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 37 000 morts, en grande majorité des civils, dont plus de 15 000 enfants (selon les autorités sanitaires locales et les ONG sur place).

À cela s’ajoutent la famine organisée, les coupures d’eau, le blocus total de l’aide humanitaire, l'effondrement du système de santé, et les déplacements forcés vers le sud, dans une zone déjà surpeuplée. C’est une punition collective qui ne dit pas son nom. Le mot génocide, autrefois tabou, est désormais sur les lèvres de nombreux observateurs, juristes et responsables internationaux.

Une guerre contre les civils, pas contre le Hamas

Le discours officiel israélien affirme vouloir "éradiquer le Hamas". Or, malgré des mois de bombardements et d’opérations terrestres, le Hamas n’a pas disparu. Il est toujours actif. En revanche, la société civile de Gaza est détruite. Les universités, les hôpitaux, les infrastructures publiques, les quartiers entiers sont en ruines. L’objectif réel semble être moins l’élimination du Hamas que la dislocation de la société palestinienne dans son ensemble.

Cette stratégie d’extrême violence est portée par un homme : Benjamin Netanyahou, un Premier ministre affaibli par de multiples scandales judiciaires. Pour échapper à la prison et à la chute politique, il semble prêt à plonger son pays et la région entière dans une guerre sans fin. Il instrumentalise la peur, le nationalisme et la haine, tout en mettant hors-jeu toute voix israélienne modérée.

Et pourtant, l’histoire a parlé

Toutes les grandes puissances coloniales ou impériales ont dû, un jour ou l’autre, dialoguer avec ceux qu’elles qualifiaient de terroristes : les Anglais avec l’IRA, les Français avec le FLN, les Américains avec les Vietnamiens, les Sud-Africains avec l’ANC. Pourquoi Israël ferait-il exception à cette logique de l’Histoire ? Quand comprendra-t-on qu’on ne construit pas la paix sur des ruines, ni la sécurité sur les cadavres d’enfants ?

Le Hamas, malgré ses méthodes violentes et discutables, formule aujourd’hui une offre politique : cessez-le-feu, retrait israélien de Gaza, retour de l’Autorité palestinienne, libération des otages. Pourquoi cette piste est-elle systématiquement rejetée ? Pourquoi refuse-t-on obstinément toute perspective de paix, de négociation, de solution durable ?

L’hypocrisie internationale

Les grandes puissances occidentales, tout en affirmant leur "souci du droit international", continuent de fournir des armes à Israël, de bloquer les résolutions au Conseil de sécurité de l’ONU, ou de dénoncer du bout des lèvres les "excès" israéliens. La justice internationale est paralysée, et les ONG humanitaires crient dans le vide.

Seuls les peuples, dans la rue, sur les réseaux sociaux, dans les tribunes citoyennes, osent encore nommer l’horreur. Ils disent ce que les gouvernements n’osent pas dire : ce n’est pas une guerre, c’est une extermination. Et il est temps d’agir.

Gaza n’est pas seulement une tragédie humanitaire. C’est un test moral pour notre époque. Un miroir dans lequel se reflètent nos silences, nos lâchetés, nos complicités.

Si le monde laisse faire, si le monde accepte qu’un peuple soit effacé dans l’indifférence générale, alors le droit international n’a plus aucun sens, et notre humanité n’a plus aucun visage.





mercredi 28 mai 2025

Le pays se developpe, oui mais...

 Il est indéniable que notre pays se développe:  infrastructures importantes qui font honneur à notre pays ; tourisme  puisque nous devenons le premier pays touristique en Afrique devant l'Egypte; des investissements colossaux sur le plan industriel; un  taux de pauvreté multidimensionnelle qui  a fortement diminué  passant de 11,7% à 8,1% entre 2014 et 2024; des reussites et avancees notables à saluer de notre diplomacie dans la defense de notre intégrité territoriale.

 Bien sûr le pays traîne des boulets qui retardent un développement qui aurait pu étre beaucoup plus consequent: le taux de chômage de plus.de 13%; le classement notre pays en matière  de corruption qui est 99 sur 180 pays en 2025 selon tranparancy; des dysfontinnements dans la santé et dans l'enseignement qui maintiennent notre pays à la traîne sur l'indice  IDH à la place 120éme place sur 192 pays; une liberté de la presse qui n'est pas toujours en phase avec la constitution de 2011 puisque la presse d'opinion, d'investigation ou d'opposition a presque disparue de notre paysage médiatique laissant la place plus à une presse à scandale ou d'encensement de certains institutions ou de personnalités. Ce qui n'avance à rien.

En phase à tout cela,  qu'est ce que nous avons? Un gouvernement qui n'arrive ni à communiquer correctement sur ses réalisations ou les mettre en valeur ni à mettre en place des programmes audacieux et palpables contre les maux signalés pluhaut   et dont il n'est qu'en partie responsable il est vrai  mais qui retardent le développement du pays.

lundi 5 mai 2025

Maroc - Algérie, l’histoire d’une fraternité trahie

L’histoire des relations entre le Maroc et l’Algérie ne commence pas avec l’indépendance de cette dernière en 1962. Elle est bien plus ancienne, marquée par des liens profonds, souvent fraternels, parfois complexes, mais globalement empreints de solidarité et de respect mutuel. Pourtant, cette fraternité a été trahie par une série d’événements politiques et idéologiques initiés dès la naissance de l’État algérien moderne. Cet entend retracer ce basculement, en montrant comment l’Algérie officielle, en particulier son régime militaire, a choisi l’hostilité au détriment de la mémoire commune et des intérêts maghrébins.

I. Une mémoire partagée : l’histoire au-delà des frontières

Pendant des siècles, les populations de l’ouest algérien et de l’est marocain ont partagé les mêmes cultures, dialectes, traditions religieuses, tribales et commerciales. L’espace entre Tlemcen, Oujda, Figuig, Béchar, et même au-delà, formait un continuum humain où la notion de frontière était souple, voire inexistante.

Le Maroc, en tant qu’État souverain structuré depuis plus de douze siècles, a souvent exercé une influence spirituelle et politique sur l’ouest algérien. Plusieurs dynasties marocaines, comme les Almoravides, les Almohades, les Mérinides, ont étendu leur autorité sur une grande partie de l’actuelle Algérie, bien avant la colonisation française. Cela n’a jamais empêché la coexistence, bien au contraire : le facteur religieux, soufi notamment, cimentait les liens.

La colonisation française a profondément bouleversé ces équilibres. Mais c’est justement durant cette période que le Maroc a joué un rôle crucial dans le soutien au combat algérien pour la libération.

II. Le Maroc, allié fidèle du peuple algérien pendant la guerre de libération

La guerre de libération algérienne (1954-1962) n’aurait pas connu la même dynamique sans l’aide déterminante du Maroc. Le Royaume, encore sous protectorat, a offert ses frontières, ses hommes, ses armes, et son territoire aux combattants algériens du FLN. De nombreuses bases de repli, des circuits logistiques et des soutiens diplomatiques ont vu le jour grâce à la générosité marocaine.

Le Maroc indépendant (1956) a même accepté de différer la récupération de certains de ses territoires orientaux, considérant que l’Algérie libre serait en mesure, une fois indépendante, de traiter loyalement la question des frontières. C’était une preuve de confiance politique et morale. Hélas, cette confiance fut vite trahie.

III. L’ingratitude érigée en doctrine : l’affaire de 1963

La guerre des Sables en 1963 marque la première grande trahison du régime algérien envers le Maroc. À peine libérée, l’Algérie, sous la houlette de Ben Bella et de ses conseillers militaires, choisit d’affronter militairement un pays frère qui l’avait soutenue. Ce fut un choc pour le Maroc et une blessure pour la mémoire partagée.

Sous prétexte de frontières héritées de la colonisation, l’Algérie refusa d’ouvrir le dialogue sur les territoires historiquement marocains, comme Tindouf ou Béchar, pourtant clairement identifiés dans les archives coloniales françaises comme des zones arbitrairement rattachées à l’Algérie par l’administration de l’époque.

Cette guerre, que certains qualifient de « fratricide », fut en réalité une agression unilatérale. Le Maroc n’a jamais revendiqué de manière belliqueuse ses droits. Il a toujours appelé au dialogue, à l’arbitrage international, voire à la négociation directe, mais l’Algérie militaire a choisi la provocation.

IV. Le tournant du Sahara : le mythe d’un conflit « nécolonial »

Le soutien de l’Algérie au Front Polisario marque un autre point de rupture majeur. Au nom d’un prétendu soutien aux peuples opprimés, le régime algérien va instrumentaliser la question du Sahara pour affaiblir le Maroc. Il ne s’agissait pas d’un simple appui idéologique. Il s’agissait d’une guerre froide régionale dans laquelle l’Algérie cherchait à s’imposer comme puissance hégémonique.

Le soutien est d’autant plus paradoxal que l’Algérie n’a jamais toléré une quelconque remise en question de ses frontières héritées de la colonisation. Elle réclame pour le Maroc une posture qu’elle-même refuse d’adopter. Le Sahara est marocain par l’histoire, par la géographie, par le droit international (la Cour Internationale de Justice l’a reconnu en 1975), et par l’allégeance traditionnelle des tribus sahariennes aux sultans marocains.

L’Algérie a donc soutenu une entité séparatiste, armée, financée et logée sur son sol, pour affronter le Maroc et s’opposer à sa souveraineté légitime.

V. La haine cultivée comme doctrine d’État

Depuis les années 1970, la diplomatie algérienne a érigé l’hostilité envers le Maroc en politique officielle. Les manuels scolaires, les médias d’État, les discours politiques et diplomatiques véhiculent une image déformée, agressive et haineuse du Maroc.

Le peuple algérien, dans sa majorité, ne partage pas cette haine. Il se sent même souvent prisonnier de cette propagande d’État. Il en veut pour preuve les liens familiaux, les échanges culturels, les souvenirs de solidarité entre les deux peuples. Mais le régime militaire, avec son idéologie figée et ses intérêts géostratégiques, empêche toute réconciliation.

VI. Une main tendue rejetée

Le Roi Mohammed VI n’a cessé de tendre la main aux dirigeants algériens. Ses discours, ses appels au dialogue direct, à la réouverture des frontières, à la coopération économique et sécuritaire sont restés lettre morte. À chaque initiative marocaine, l’Algérie oppose le silence, voire la provocation.c

VII. Une mémoire à restaurer, un avenir à reconstruire

Malgré tout, le Maroc reste fidèle à ses principes. Il croit à l’unité maghrébine, au dialogue entre peuples frères, à la force de l’histoire commune. Le peuple algérien n’est pas l’ennemi. C’est le régime militaire, avec sa logique de confrontation, qui est le véritable obstacle à la paix régionale.



mercredi 30 avril 2025

Que faire?

Une question me taraude l'esprit depuis quelques temps?


 Faut-il vraiment continuer à être sur les réseaux sociaux pour faire valoir les avancées certaines de notre pays mais aussi pour faire des observations ou poser des questions sur ce qui retarde son développement?

Car:

- ce gouvernement et ses ministres font peu de cas de ce que pense l'opinion publique et les réseaux sociaux de leur action ou inaction;

- en gros, vous dites et écrivez ce que vous  voulez nous, nous restons sourds à vos doléances et agissons comme bon nous semble;

-c'est nous qui savons ce qui est bon pour vous et vous pouvez donc  dire où écrire ce que vous voulez;

- les observations et recommandations souvent pertinentes des institutions prévues par la constitution HCR et CESE etc..ne sont que peu ou pas tout suivis. Des responsables de ces institutions constitutionnelles sont parfois attaqués pour entraves à l'action du gouvernement;

-pire, les manifestations de rue , les sit ins, les grèves vous pouvez en faire comme vous voulez; vos cris de détresse on n'en a cure. Par exemple, l'émigration y compris maintenant celle de cadres, d'ingénieurs et de médecins qui porte préjudice au pays et son avenir pour le gouvernement est un  " phénomène mondial.." Que ça et rien sur les causes socio économiques de ce phénomène;

-la réforme du code pénal, du code civil ou l'intégration des fonctionnaires gérés par le CNOPS à la CNSS est faite sans concertation avec les concernés alors même que ceux-ci ont des droits acquis à sauvegarder;

-qu'un parti de l'opposition, le PPS pour ne pas le nommer dénonce dans un communiqué votre politique et vous renvoie à des promesses électorales non tenues et vous trainez son secrétaire général dans la boue avec des insinuations  personnelles immondes  alors qu'il s'agit de répondre aux  observations de son parti sur votre gestion des affaires du pays;

-en gros vous  agissez  pour notre bien et les dispositions prévues dans la constitution pour la concertation vous n'en avez cure.

Question. La concertation et l'adhésion des populations aux politiques étant l'un  des fondamentaux à toute gestion des affaires publiques comment ce gouvernement peut-il faire l'impasse sur cette évidence et prétendre diriger le pays?

vendredi 14 février 2025

Salah El Ouadie, une vie, une famille.




Salah El Ouadie poéte connu mais militant pour la démocratie, l'état de droit, et les droits  de l'homme et ami, tres ancien ami puisque cette amitié remonte aux  bancs du collège et du lycée, vient de publier ses mémoires sous le titre de Mimosa avec un sous titre évocateur et poétique de"... rescapé.du 20 éme siècle".
En réalité, il ne s'agit pas seulement de  mémoires ou d'une autobiographie mais  surtout d'un rappel d'évènements qui ont jalonné l'histoire récente de notre pays depuis les années 60 et auquel a assisté ou participé Salah Ouadie et sa famille.
Cela commence par les années de  l'enfance et l'ouverture à la vie dans une famille de militants politiques. Ensuite  une adolescence qui a conduit le jeune Salah à choisir la voie révolutionnaire pour lutter contre les injustices et l'arbitraire. C'était les fameux années de plomb et il a en fait les frais comme beaucoup de militants et de révolutionnaires. Les pages narrées sur les années passées dans des lieux de détention sinistres où la torturé était monnaie courante sont véritablement insoutenables.
La deuxième partie du livre nous fait plonger dans l'engagement politique de Salah El Ouadie  après sa sortie de prison. C'était d'abord le militantisme associatif pour faire éclore  la vérité sur les années de plomb mais ensuite le travail réalisé au sein de la Commission Équité et Réconciliation. Les pages qui relatent les travaux de cette commission nous rappellent la qualité du travail réalisé.Des révélations intéressantes ensuite sur  le Mouvement Pour tous les Dememocrates dont est issu le parti Authenticité et Modernité avec les derives qui ont  été à l'origine de  l'éloignement de Salah El Ouadie de ce parti politique.
Mais Salah Al Ouadie ne s'arrête pas à sa propre personne mais nous parle de sa noble famille et quelle famille,. Lire ce qui suit.
S’agissant du père Mohamed Wadii Al Assafi poéte et grand militant  mort en 2004 à l’âge de 81 ans ; il a connu la prison pendant le protectorat mais aussi après l’indépendance du Maroc. Emprisonné plusieurs fois à cause de sa lutte pour l’indépendance du Maroc et ce en 1944 (Présentation du manifeste de l’Indépendance). Il a été emprisonné de nouveau en 1951 au cours des manifestations organisées après l'assassinat du syndicaliste tunisien Ferhat Hachad, 1953 puis en 1953 à l’issu de l’exil forcé du roi Mohammed V.
Après l’indépendance, il créa avec des camarades dont Mehdi Ben Barka, l’UNFP (parti d’opposition) et n’a pas échappé à la répression qui s’est abattu sur ce parti puisqu’il a été enlevé, tenu au secret et torturé en 1973. « Je garderai de lui ce mélange entre une extrême tristesse et cet esprit de l'humour. Je garderai de lui sa poésie. Une poésie qu'était toute sa vie, faite de grandes souffrances, mais aussi d'un grand et éternel espoir ».« Des valeurs qu'il m'a transmises, je garderai celle de la citoyenneté, dan son sens le plus large, et de l'amour de la patrie. Celle de remplir d'abord ses obligations avant de revendiquer un quelconque droit. Celle de l'effort désintéressé ». Le tout avec la transcendance de tout conflit d'ordre personnel. Il défendait des valeurs et non pas des intérêts. « Il était d'un désintéressement qui allait jusqu'à s'approcher du mysticisme. Elle m'a appris l'amour de la vie, de la musique, du partage et du don de soi. Et je sais que je ne suis pas la seule à avoir été son élève ».
 Il y aussi la mére Touraya Saqqat. A l’âge de dix-sept ans elle est aux coté de son mari militant pour la liberté et l’indépendance du Maroc. Lequel a été est poursuivi par les autorités coloniales et mis en prison. C’est alors que la lutte de son mari devient la sienne ce qui l’amena au soutien des familles des détenus politiques, manifestations, aide aux cellules secrètes de la résistance.
 A l’indépendance, elle fera donc partie, tout  de la première délégation des femmes patriotes marocaines reçues par le roi Mohammed V. Après l’indépendance, les années d’espoir et les désillusions l’amèneront encore une fois vers la lutte.
 En 1973 elle sera témoin de  la disparition de son mari. Et fera le tour du Maroc pour le retrouver. Le sort n’a pas épargné cette femme par la suite avec l’arrestation de ses trois enfants Asma, Salah et Aziz en novembre 1974. C’est bien elle qui répondit au dé7sarroi de son plus jeune fils (18 ans alors !) au moment d’être conduit par quatre agents des services de répression, vers l’inconnu : “Ce chemin tu l’as voulu et j’en suis fière… sache que seule la mort saura m’empêcher d’être solidaire avec toi jusqu’au bout du chemin…”
C’étaient ce qui était convenu pendant les années de plomb au Maroc. Des militants sont kidnappés torturées Commence alors un énième voyage à travers les centres de torture, les tribunaux et les prisons. La lutte de cette génération de militants à l’intérieur des prisons, contre les conditions qui leur sont faites, sera l’occasion d’une épopée solidaire féminine inégalée dans l’histoire du Maroc. Les mères, les sœurs et les femmes des détenus inventent de nouvelles formes de lutte, affrontent frontalement l’appareil répressif, parviennent à alerter et obtenir la sympathie de l’opinion publique marocaine et étrangère. Les militants ne sont plus isolés dans leur prison ; leurs revendications sont entendues. Pour la première fois au Maroc, le statut de détenu politique est reconnu !
 En dépit de cela cette femme continua à militer au sein de l’USFP, et participa à la création de sa section féminine avant son décès en 1992.
Il y a aussi sa sœur Assia ou Mama Assia
Elle a crée et présidé l'Association Mama Assia des amis des centres de réforme et  était également membre de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus  (présidée par le Roi)et a milité pour la création de centres de formation professionnelles. Bravant souvent le protocole qui organise ces visites elle n’hésitait pas à présenter au Roi des détenus qui ont réussi à des diplômes universitaires ou professionnelles lors de ses visites.
Elle était en outre cofondatrice, en 1999, de l'Observatoire des prisons, membre de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme, du Conseil consultatif des droits de l'Homme, de l'Association du centre d'écoute et d'orientation pour femmes battues. Elle était sur beaucoup de fronts, avec une conviction jamais exempte de chaleur humaine, de compassion et d’engagement sans être jamais grisé par le pouvoir.
En effet dans une lettre poétique récente émouvante à l’attention de sa sœur alors qu’elle était hospitalisée dans un état très grave et publiée dans un journal marocain et sur un site internet en arabe le 28/09/2012 ; Assia… ce corps frêle qui aplatit les montagnes. son frère Salah lui rappelle qu’a dix ans elle rentrait à la maison pour chercher des chaussures pour une petite qui grelotait de froid sur le chemin de l’école : qu’a six ans dans un hammam, elle a crié au visage d’une femme qui molestait durement sa « petite bonne »ce qui lui a valu le foudre de cette dame et qu’enfin plus récemment dans une prison elle n’a pas hésité à envoyer balader un élu local lequel est venu en commission et à des fins électorales apporter des effets aux prisonniers et en faisait trop. 
Il y a aussi la sœur Assia ou Mama Assia.
 Assia El Ouadie mère de 2 enfants était magistrate au parquet du tribunal de première instance de Casablanca entre 1971 et 1980. Après une formation de perfectionnement à l'Ecole nationale de la Magistrature à Paris (1980-1981), elle avait intégré le barreau de Settat (1981-1984) et rejoint ensuite celui de Casablanca jusqu'à 2000, date à laquelle elle avait réintégré la magistrature au sein de l'Administration pénitentiaire où elle s'occupait des Centres de réforme et rééducation pour jeunes mineurs.