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jeudi 1 août 2013

Ramadan au Maghreb: d'une contrainte sociale à une obligation religieuse.

Des cinq piliers de l’Islam à savoir : la profession de foi, la prière, la zakat (soutien financier aux pauvres), le jeûne du mois de Ramadan, et le pèlerinage à la Mecque une fois dans la vie pour ceux qui en ont les moyens ; c’est bien le jeune du mois de Ramadan avec la profession de foi qui est le plus suivi.
Comment expliquer alors que la prescription du jeune qui impose le plus d’endurance sur le plan physique soit la plus suivie alors que dans la hiérarchie des prescriptions religieuses, les cinq prières quotidiennes constituent avec la profession de foi les fondements essentiels de l’Islam ? L’explication est à mon avis sociale avant d’être religieuse. Pourquoi ?


Sur le plan légal ; au Maroc c’est l’article 222 du code pénal qui sanctionne par de la prison les déjeuneurs en public pendant le mois du Ramadan alors qu’en Algérie c’est l’offense contre l’Islam prévue et sanctionnée au titre de l’article 144bis2 du code pénal qui est brandie contre les déjeuneurs en public.
Sur le plan social, la vie en société est rythmée par le jeun. Ainsi sur  les lieux de travail, les horaires sont aménagés de telle sorte qu’aucune pause déjeunée n’est permise. De plus, le déjeuneur du Ramadan est une sorte de paria dans les pays du Maghreb ; des scènes de molestage et presque de lynchage attendent les déjeuneurs qui osent s’afficher en train de manger ou de fumer en public alors même que sur le plan religieux, il est permis dans certains cas de ne pas observer le jeune pendant le mois du Ramadan. Car la Sourate (Al-Baqarah) du Coran précise «  Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeun (As-Siyam) comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété, pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre ».
Les choses donc sont claires : pas de Ramadan pour les malades et les voyageur et ceux qui ne peuvent le supporter qu’avec une grande difficulté dont les personnes âgées, les femmes enceintes et celles qui allaitent. Mieux, il est interdit à un malade susceptible de mettre sa vie en danger d’observer le Ramadan.
 Cette sorte d’oppression sociale plus que religieuse a vu ça et là des mouvements contestataires relativement marginaux aussi bien au Maroc qu’en Algérie tant la pression sociale est forte. Au Maroc, le fer de lance de la contestation est le mouvement Mali. et dont les actions ont fait long feu. En Algérie et sur ce site, un journaliste algérien n’a pas hésité à écrire un article intitulé je ne jeunerai pas le Ramadan cette année.  Cet article apparait plus comme un cri de révolte contre une contrainte sociétale que contre une obligation religieuse.
 Or sur le plan religieux, faire le Ramadan par convention sociale est la pire des choses.  Car le jeûne de ce mois n’est pas une adoration ponctuelle réclamant soumission et rigueur le temps de quelques rites qui une fois finis permettent de revenir à des occupations plus contingentes, plus immédiates. Son rôle ne s’arrête pas dès lors qu’ont été remplies les strictes conditions du jeûne diurne, pour que, la nuit venue, on se laisse aller à l’excès après la privation, à la négligence après l’effort, à l’oubli après le rappel.
Le vrai sens du jeûne est de réfréner ses pulsions négatives, de porter son ego à rompre avec ses habitudes, d’atténuer l’ardeur de ses désirs pour la préparer à ce qui lui apportera bonheur et félicité, de lui faire accepter ce qui l’aidera à purifier son cœur.
En effet, derrière le jeûne se dessine toute la logique du rapprochement à Dieu. Il est une réalité qui n’est secrète pour personne mais que tend à occulter l’habitude. Cette réalité tient en la présence d’un lien direct entre la condition du corps et la vie du cœur. La première le ramène à son origine matérielle, le rabaisse vers la terre, l’autre le renvoie à sa source spirituelle, l’élève par le souffle Primordiale. Voir la suite ICI.
L’obligation religieuse est claire, c’est une éducation à la privation, un effort sur soi pour les croyants qui ont la capacité de remplir cette prescription religieuse qui doit être perçu comme telle.

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