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vendredi 22 février 2013

Algérie: un dieu vivant dirige-t-il le pays ?




Dans une lettre ouverte publiée sur son blogue  à Mediapart et reprise sur les quotidiens algériens Al Watan et le Matindz, Hocine Malti, consultant pétrolier, ancien vice-président de Sonatrach, auteur de l' "Histoire secrète du pétrole algérien", paru chez la Découverte nous apprend que l’Algérie est dirigée par un Dieu vivant autoproclamé et qui n’est autre que Mohamed Lamine Mediène patron du Département renseignement et sécurité (DRS).


En effet Hocine Malti écrit « Cette fois-ci, ce n’est pas à vos collaborateurs enquêteurs que je m’adresse, mais à vous, patron depuis septembre 1990 du tout puissant DRS (Département du renseignement et de la sécurité), Rab Dzayer, le "dieu de l’Algérie". N’est-ce pas ainsi que vous vous êtes présenté un jour de 1999, dans les circonstances que vous savez ? Selon l’adage populaire, "mieux vaut s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints" ; ce que je fais aujourd’hui. Vu que vous êtes en mesure de décider et d’imposer ce que bon vous semble à toute l’Algérie, à tous ses hommes et ses femmes et notamment à toutes ses autorités civiles, militaires, politiques et juridiques.... »
Cette lettre se termine par ce paragraphe.« Alors vous, Rab Dzayer,(Dieu d’Algérie) êtes-vous disposé aujourd’hui à effacer ces tâches infamantes qui salissent l’image du pays ? Les dieux peuvent tout faire. Vous en avez-vous-même donné la preuve en d’innombrables occasions. Saurez-vous pour une fois mettre le holà à ce genre de comportement ? Serez-vous plus perspicace, plus efficace que les Italiens qui annoncent 200 millions d’euros de pots-de-vin ?.. ».
Mais s’agit-il des élucubrations de ce Monsieur Hocine Malti ou véritablement le patron du DRS algérien dispose effectivement de tous les pouvoirs dans ce pays ? La réponse nous est donnée par un article publié  par le journaliste algérien Lounès sur Agoravox en 2007.
Cet article nous apprend que :
"1/ Aucune candidature à une élection ni aucune nomination à un poste de haut-fonctionnaire ne se fait sans l’aval du DRS.
2/ Derrière chaque ministre, il y a un colonel du DRS qui contrôle tout, du recrutement d’une femme de ménage à la signature du contrat le plus sophistiqué. Il passe beaucoup de temps dans les bureaux du ministre et des hauts responsables pour s’informer, les intimider et les inhiber.
3/ Dans chaque wilaya, il y a un colonel du DRS qui contrôle le wali, les daïras et toutes les assemblées élues. Un autre colonel de la DCSA contrôle les militaires et les gendarmes.
4/ Dans chaque banque et entreprise publiques, il y a un officier du DRS qui contrôle tout, en particulier les comités de crédit, les signatures et les commissions sur les contrats.
5/ Dans toutes les ambassades, l’attaché militaire et les officiers, nommés par le DRS ont écrasé les diplomates et étouffé la voix de l’Algérie.
6/ Le parti du RND a été créé par le DRS, dirigé par des agents du DRS pour trafiquer les élections et semer la confusion et la zizanie entre les partis politiques.
7/ Le parti du FLN a été mis sous la coupe du DRS qui nomme et dégomme ses dirigeants, au gré de ses choix politiques.
8/ Le syndicat UGTA est sous le contrôle total du DRS qui a corrompu ses dirigeants.
9/ Toutes les élections sont contrôlées et trafiquées par le DRS. Toutes les candidatures aux élections sont filtrées par le DRS.
10/ Tous les partis d’opposition sont déstabilisés par les infiltrations et les manipulations du DRS.
11/ Toutes les organisations patronales sont sous la coupe du DRS pour protéger les intérêts de ses nombreux agents reconvertis dans les affaires.
12/ Tous les médias (télé, radio, presse écrite, internet) sont contrôlés par le DRS qui s’oppose à la création de télés et radios privés et élimine les journalistes libres.
13/ Tous les tribunaux et Cours de justice sont contrôlés par des officiers du DRS qui intimident et menacent les magistrats".
Si cela est vrai, c’est on ne peut plus clair ; un dieu vivant autoproclamé dirige ce pays qui a pourtant un président élu. Il y a donc bien un pouvoir bicéphale à la tête de l’état algérien. Mais apparemment le dernier mot revient au patron du DRS. Cette situation explique l’opacité du pouvoir algérien que les chancelleries diplomatiques n’arrivent pas à percer. Elle explique aussi l’état de suspicion dans lequel vit la société algérienne objet de cet article du Matindz (algérien) « Il est du DRS » ou les chuchoteurs du régime.
Il n’est donc pas étonnant que ce pays -le plus riche des pays du Maghreb grâce aux hydrocarbures- tourne en rond et n’arrive pas à mettre en place une économie moderne poussant l’un de ses journalistes à un cri de désespoir Pleure O mon pays bien aimé.
Ce cri  de désespoir reflète d’abord le martyre enduré par ce peuple noble qui a tant donné. N’est ce pas l’Algérie qui a tant souffert, d’abord à travers la colonisation qui a fait de ce pays un département français alors que les deux autres pays du Maghreb (Maroc, Tunisie) n’étaient que sous protectorat. Le fait colonial a réduit ses habitants autochtones à des « citoyens » français « indigènes » de second ordre et a essayé de gommer l’identité arabo-amazighe et musulmane de sa population. Alors que l’indépendance n’a été acquise qu’en payant un lourd tribu (des centaines de milliers de morts), dans les années 90, la décennie noire comme l’appellent les algériens de lutte contre le terrorisme islamique s’est soldée par 100 000 à 200 000 morts.
Après ce lourd tribu, le pays était en droit d’espérer une mobilisation des énergies faisant de la manne pétrolière qui se tarit une opportunité de bâtir une économie moderne et diversifiée. Alors que l’Algérie est le premier pays producteur qui risque de devenir un pays importateur de pétrole, le pays s’est renfermé sur lui-même. Des économistes surtout algériens ne cessent pointer du doigt cette sorte « d’autarcie » dans laquelle évolue l’économie algérienne et qui n’est plus compatible avec la mondialisation.
Mais pour libérer les énergies, moderniser le pays et lutter contre les maux qui gangrènent la société et à leur tète la corruption, il faut mettre fin au bicéphalisme (qui fait diluer les responsabilités) à la tête de l’état, donner à la fonction présidentielle toute sa signification. Autrement, ce pays restera comme il est et lorsque la manne pétrolière sera tarie, il constituera un danger pour lui-même et pour ses voisins. Car comment peut-il continuer à importer les deux tiers de ses besoins alors que les 98% de ses exportations constituées par les hydrocarbures auraient disparues ? 

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