Ce que le Maroc a vécu lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations dépasse largement le cadre du football. Cette CAN, organisée avec un professionnalisme rarement atteint sur le continent, a mis en lumière une réalité que les Européens connaissent bien : on peut tout donner, tout faire correctement, et se heurter malgré tout à l’ingratitude, à la suspicion et parfois à l’hostilité. Pour le Maroc, cet épisode doit marquer un tournant.
La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc n’aura pas été un simple événement sportif. Elle a agi comme un révélateur brutal, parfois dérangeant, mais profondément instructif. Un miroir tendu au Maroc, à sa société, à son État, et surtout à sa manière d’envisager ses relations avec son environnement régional et international.
Ce que nous avons vécu durant cette CAN, les pays européens l’ont vécu avant nous, dans leurs relations avec certains pays africains : une générosité prolongée, des investissements massifs, puis la découverte amère que l’effort consenti ne garantit ni reconnaissance ni respect.
Un pays qui a tout donné
Le Maroc n’a pas simplement accueilli une compétition. Il a mobilisé un pays entier.
Stades modernes répondant aux standards internationaux, infrastructures routières et ferroviaires renforcées, capacités hôtelières mises à niveau, transport maîtrisé, sécurité efficace, organisation rigoureuse. À cela s’est ajouté un accueil populaire exemplaire, spontané, chaleureux, sans calcul ni arrière-pensée.
Peu de pays africains auraient pu organiser une CAN à ce niveau d’exigence. Peu de pays, même hors du continent, auraient accepté de faire autant, aussi vite, et avec un tel sens du détail.
Le choc de l’ingratitude
Et pourtant, cette exemplarité n’a pas toujours été accueillie par la reconnaissance attendue.
Au contraire, le Maroc a été confronté à des réactions d’une ingratitude assumée.
Dans certains pays voisins, mais aussi dans d’autres espaces arabes et africains, des populations ont célébré non pas une victoire sportive, mais la défaite du Maroc en finale. Un fait inédit, révélateur d’un malaise plus profond, qui dépasse largement le cadre du football.
Plus préoccupant encore, des accusations infondées ont circulé : arbitres prétendument soudoyés, matchs arrangés, organisation biaisée. Des accusations sans la moindre preuve, reprises avec une facilité déconcertante, comme si la réussite marocaine ne pouvait être que suspecte.
Un parallèle éclairant avec l’expérience européenne
Ce réflexe, les Européens le connaissent bien.
Lorsqu’ils investissent, accueillent ou organisent, ils sont soupçonnés d’arrière-pensées. Lorsqu’ils réussissent, ils deviennent suspects. Lorsqu’ils posent des règles, ils sont accusés de domination.
L’Europe a fini par comprendre une chose essentielle : on ne construit pas des relations saines sur la complaisance permanente ni sur la culpabilité sans fin.
Tirer enfin les bonnes leçons
Le Maroc n’a rien à se reprocher.
Il n’est pas responsable des frustrations des autres, ni de leurs échecs internes.
Il n’a pas à s’excuser de sa stabilité, de son sérieux ou de sa capacité à organiser.
Cette CAN doit marquer un moment de bascule. Non pas vers le repli, mais vers la clarté.
Il est temps d’assainir nos relations, y compris avec l’Europe, sur la base du respect, de la réciprocité et de la vérité.
Comme les pays européens l’ont fait avant nous, le Maroc doit désormais avancer sans culpabilité inutile, sans concessions suicidaires et sans cette gentillesse permanente qui finit par se retourner contre lui.
Cette CAN aura été un révélateur.
À nous d’en faire un tournant.
Le respect, en politique comme dans l’histoire, commence toujours par soi-même.
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