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jeudi 29 octobre 2015

Maroc : quel type de gestion pour le Fonds de Développement Rural ?




Passe d’armes, clashs, guéguerre ; les mots n’ont pas manqué dans la presse pour qualifier le différend  qui  a opposé le chef du gouvernement à son ministre de l’agriculture M Akhannouch alors que comme je vais essayer de le démontrer l’essentiel au sujet de cette affaire est ailleurs. 


Rappel des faits:
Tout a commencé, rappelle la presse,  par une étude réalisée par  le  ministère de l’Intérieur  qui  a montré que 28.000 douars équivaut à 30%de la population rurale vivent dans la précarité. Dans son  discours  du 30 juillet 2015, SM le Roi a  annoncé que 50 milliards de dirhams seraient alloués au fonds pour le développement rural et zones montagneuses entre 2016 et 2022. Et ce, afin de "désenclaver et améliorer la qualité de vie d’une grande partie de l’Atlas et du Rif en particulier". Une première tranche de 8,5 milliards a été prévue pour l’année 2016, conformément au projet de loi de finance 2016. Le fonds devait donc être une sorte de "plateforme de coordination" des actions, et des financements émanant de différents intervenants. C’est le  rôle d’ordonnateur qui est donné au ministère de l’agriculture qui pose problème à M Benkirane.

 En fait, c’est le journal, Akhbar Al Youm, qui a révèle à ce propos que la colère de M  Benkirane vient du fait qu’il  n’a pas été mis au courant  au moment de la préparation de la loi des finances 2016 ce que contestent les deux ministres MM Boussaid et Akhanouch Un accord qui fait de ce dernier le seul ordonnateur du Fonds. Ces propos "tendancieux prêtés au chef de gouvernement interpellent sur la confiance installée entre les membres du gouvernement. Ils sont irresponsables et inacceptables et tendent à créer un débat vide de sens là où se jouent l’avenir du monde rural et son développement", a affirmé Akhannouch.

   Les arguments de Aziz Akhannouch ont obtenu le soutien,  de son collègue le ministre Ministre des Finances. Pour Mohamed Boussaïd,, «Benkirane ne pouvait pas ne pas être au courant compte-tenu de  toutes les étapes par lesquelles est passé le projet de loi». En clair, le chef du gouvernement  a bien donné son aval à Akhannouch pour qu’il soit l’ordonnateur  du FDR. Ceci vient  d’être confirmé à l'issue du conseil de gouvernement de ce jour, le 29/10/2015. M Akhannouch serait bien l’ordonnateur du fonds en question. 

Mais l’essentiel est ailleurs.

 L’essentiel  me semble-t-il est  ailleurs. En effet, la gestion d’une somme  colossale avec  ses retombées bénéfiques escomptées sur les populations rurales et l’économie  du pays ne peut  être chapeautée ni par des chargés de mission auprès du chef de gouvernement dans le cas où la gestion était confiée à M Benkirane ni par une  Direction du Ministère de l’Agriculture. De mon point de vue, la gestion du fonds mérite d être confiée à une agence transversale composée de hauts cadres (gestionnaires et ingénieurs) triés sur le volet à même de superviser la mise en place des projets et d’en assurer l’exécution en coordination avec les départements ministériels, les autorités locales et les élus concernés.

En effet, l’expérience nous montre que les grands projets qui ont réussis dans le pays sont le fait non pas de départements ministériels ou de chargés de missions  du chef du gouvernement mais d‘agences dédiées ; exemples : ports notamment le  complexe portuaire méditerranée,  les aéroports,  les autoroutes, l’énergie solaire etc…

Par contre, malheureusement le bilan des actions d’envergure menées par des départements ministériels ont été  des quasi échecs et je citerai deux exemples. La question des départs volontaires des fonctionnaires qui a vidé l’administration  de ses cadres de talents (gestionnaires, médecins, ingénieurs, enseignants) et n’a pas atteint son but initial à savoir alléger de maniéré substantielle  la masse salariale du budget de l’état  mais a précipité par contre l’échéance du déficit de la Caisse Marocaine des retraites (CMR).  Le deuxième exemple  est le fameux programme d’urgence de l’éducation nationale برنامج إستعجالي  qui a englouti des sommes colossales pour aboutir à un échec dénoncé notamment par les deux derniers ministres en charge du département de l’enseignement.

En conséquence, la petite guéguerre entre M Benkirane et M Akhannouch n’a de mon point de vue aucune raison d’être. M Benkirane n’a pas les moyens humains et les structures administratives pour gérer le  fonds en question et M Akhannouch est à la tête d’un département administratif avec des règles rigides de la comptabilité publique et de la fonction publique qui l’empêchent de gérer de manière efficiente le fonds en question.
  








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