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mardi 25 février 2014

Tension franco-marocaine; la position marocaine largement escomptée par la presse française.



Une tension secoue actuellement les relations franco-marocaines suite notamment aux plaintes déposées en France contre le chef du contre-espionnage marocain pour « complicité de torture ». Cette affaire cependant a été reliée par les medias de l’hexagone à sens unique

Ainsi les éditions électroniques du  MondeLe Figaro le Nouvel Obs le ParisienL'Expressentre autres se sont contentés de paraphraser les dépêches de l’AFP à ce sujet lequelles ont escamotées sciemment la position marocaine. Ainsi aucun contact apparemment n’a été pris par ces médias avec les autorités marocaines pour avoir leur point de vue à ce sujet. De ce fait, les lecteurs ont été désinformés au sujet de cette affaire.



Or la position du Maroc à ce sujet a bien été explicitée par l’ambassade du Maroc en France qui a réagi à ce sujet avec un communiqué relié par la presse marocaine. C’est pourquoi je mets donc à la disposition des lecteurs d’Agora les éléments pertinents de ce communiqué largement ignoré par la presse française.
 Ainsi, l'ambassade du Maroc en France a exprimé, vendredi dernier, « son étonnement face à l'absurdité » d'une affaire rapportée récemment par l'agence de presse française AFP, qui a affirmé qu'une association demande l'audition du directeur général de la DGST au sujet d'une prétendue complicité de torture au Maroc. « L'ambassade du Royaume du Maroc à Paris exprime son étonnement face à l'absurdité de cette affaire, aussi bien au niveau de la procédure adoptée qu'au niveau des cas judiciaires évoqués », indique la représentation diplomatique marocaine dans un communiqué. « En effet, s'agissant de la procédure, la rapidité déconcertante avec laquelle cette affaire a été traitée, son mode de médiatisation, la violation des règles et usages diplomatiques universels et le non-respect des conventions entre les deux pays suscitent de nombreuses interrogations sur les motivations réelles de cette affaire et ses véritables commanditaires », souligne la même source.
Ainsi, ajoute-t-on, « c'est par voie de presse que cette ambassade et le DGST ont appris l'existence de cette plainte et que sept policiers s'étaient rendus le même jour à la résidence de l'ambassadeur du Royaume du Maroc pour notifier une convocation émanant d'un juge d'instruction au DGST. « Cette forte présence policière est intervenue curieusement à un moment où le ministre de l'Intérieur du Maroc, en visite officielle en France, était en réunion à la résidence avec plusieurs journalistes », indique l'ambassade pour qui « cette démarche est pour le moins inédite eu égard aux procédures de coopération judiciaires en vigueur entre le Maroc et la France, et couramment appliquées ».
Elle déplore que le recours au canal diplomatique « ait été délibérément ignoré ». « Pour ce qui est des cas évoqués par la même dépêche, ils concernent des affaires dans lesquelles la DGST, conformément à ses attributions, n'a été nullement et de quelque manière que ce soit concernée, note le communiqué, faisant savoir que Adil Lamtalsi, un Franco-Marocain, avait été interpellé dans la région de Tanger le 3 octobre 2008 par la Gendarmerie royale pour avoir commandité une expédition de 1 601 kg de chira et qu'il avait été condamné à 10 ans de prison ferme et transféré le 16 avril 2013 à la prison de Villepinte en France pour purger le reliquat de sa peine.
« Sa ligne de défense, qui reposait sur de prétendus enlèvements et torture, n'a pas été retenue par la justice. Adil Lamtalsi est également poursuivi en Espagne pour une opération de livraison de 500 kg de chira à Huelva en juin 2008 et avait déjà été condamné en France, pour coups et blessures en 1998, à 5 mois de prison », rappelle le communiqué.
Concernant le cas de Ennama Asfari, l'ambassade précise qu'il s'agit d'un citoyen marocain, qui purge actuellement une peine d'emprisonnement de 30 ans « pour son implication majeure dans des faits ayant occasionné, en 2010, l'assassinat de 11 éléments des forces de l'ordre (Gendarmerie royale et Forces auxiliaires), lors du démantèlement pacifique du camp de Gdim Izik près de la ville de Laâyoune, dont certains ont été sauvagement égorgés et leurs dépouilles sujettes à toutes sortes de profanation ». « Cet individu avait été interpellé par la Gendarmerie royale et jugé lors d'un procès public, qui s'est déroulé en présence de nombreux observateurs internationaux, et suivant toutes les garanties du procès équitable », relève le communiqué, notant que lors du traitement judiciaire de son affaire, « il avait reconnu les faits qui lui étaient reprochés et n'a, à aucun moment, fait état devant le juge d'instruction et la cour des prétendus sévices qu'il aurait subis » et que « toutes les étapes de l'instruction de ce dossier ont été menées par le Tribunal militaire ». « L'ambassade du Royaume du Maroc, tout en exposant ces faits à l'opinion publique, affirme sa pleine détermination à faire toute la lumière sur les soubassements de cette affaire. De son côté, le DGST se réserve le droit de recourir à tous les moyens légaux pour lever toute équivoque et réparer tout préjudice qu'il aurait subi », conclut le communiqué.
 Il est à signaler que le président Hollande a téléphoné au Roi la veille et que "A la lumière des clarifications apportées (...), les deux chefs d'Etat ont convenu de poursuivre les contacts durant les prochains jours au niveau des deux gouvernements, et d'œuvrer dans l'esprit des relations d'exception qui lient le Maroc et la France", précise un communiqué du Palais Royal.
Par ailleurs, la presse marocaine paraissant ce jour s’interroge sur les commanditaires de cette détérioration des relations franco-marocaines alors que le Roi est en tournée africaine pour promouvoir à travers des actions concrétes, un nouveau partenariat sud-sud susceptible de faire sortir l’Afrique des séquelles de la Franceafrique.


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