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lundi 25 novembre 2013

Maroc : l’exacerbation de l’islamophobie en France est-elle susceptible de mettre en danger nos compatriotes qui vivent dans ce pays ?




Avec les  "tags à caractère injurieux"  découverts sur la façade de la Grande Mosquée de Paris dans la nuit du lundi au mardi dernier,  c’est  un acte islamophobe de plus  qui s'ajoute aux actes islamophobes  qui sont en augmentation vertigineuse et inquiétante en France. Si la Mosquée de Paris a été épargnée jusqu’à présent, le fait de s’attaquer à ce lieu du culte symbolique dans la capitale française ne doit pas laisser indifférent.

 Par ailleurs, la répétition des actes islamophobes en France et leur banalisation semblent augurer d’une évolution malsaine d’une frange importante de la société française. Car selon le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), les agressions physiques et verbales contre les musulmans ont augmenté de 57% en 2012 par rapport à 2011. « En 2012, près de 500 actes envers des institutions ou des individus ont été recensés, 200 de plus qu’en 2011 et 300 de plus qu’en 2010. En moyenne, une institution chaque semaine et un individu chaque jour sont victimes d’actes d’hostilité, dégradation ou agression physique. Et encore, ne s’agit-il là que des seuls actes déclarés par les victimes, un grand nombre d’entre elles préférant se taire. Totalement occultée par les médias dominants, l’islamophobie n’en fait pas moins des ravages…. Cette évolution massive des opinions et des comportements est l’indice d’une transformation profonde du champ politique, elle-même étant le reflet de mutations plus larges, notamment économiques. »
Cette islamophobie se traduit dans des actes dans la  vie quotidienne. Ainsi « aujourd’hui, même si vous êtes une jeune fille française, élevée en France et dans certains lieux, certains métiers vont vous être interdits. C’est une forme d’altérisation religieuse, où l’on va considérer que les discours ou les comportements d’un individu sont déterminés par son appartenance religieuse. Ce sont aussi des discours hostiles aux musulmans en tant que groupe. Avec, derrière, la question de la légitimité de leur présence sur le territoire. C’est la même question qui se posait pour les Juifs. Les discours antisémites du XIXème et XXème avaient pour enjeu la légitimité de leur présence sur le territoire. Il y a une logique analogue pour les musulmans qui sont également considérés comme étrangers. »
 « Nous observons une mutation de l’islamophobie, qui après avoir été longtemps et majoritairement l’œuvre des services publics, s’enracine désormais dans le monde du travail, dans le secteur privé, sous la forme d’atteintes interpersonnelles ou d’agressions. La France est passée d’une islamophobie politique à une islamophobie culturelle, relayée politiquement », note le CCIF dans son rapport annuel. L'Observatoire, placé sous l'autorité du Conseil français du culte musulman (CFCM) s'inquiète aussi d'une "forte augmentation" de l'islamophobie "via la cyber-haine", avec  une propagation "des mensonges" sur l'islam et les musulmans et "prônant la haine ».
 Surfant sur la vague islamophobe,  la droite mais surtout, l’extrême droite française  essaye d’en faire  un  enjeu électoral. En panne d'idées face à la crise, le personnel politique surtout de droite fait croire que les vraies questions qui interpellent la France d'aujourd'hui, c'est d'abord  la menace  représentée par l'Islam de France contre la laïcité de la République. Dans d’autres pays européens, l’extrême droite tient le même discours pour « racoler » des électeurs  victimes eux aussi de la crise qui frappe ces pays.
Cet enjeu électoral  a été  d'abord illustré par  le fameux débat sur l'identité française qui n'a fait que  mettre à l'index la  communauté musulmane du pays et  exacerber le rejet de l'autre. Ce débat a été  relayé par les medias  avec notamment des images de musulmans priant dans la rue. Sans jamais dire qu'il ne s'agit que d'une infime minorité sur les 5 millions de musulmans qui eux prient dans les mosquées, chez eux, ou pas du tout.
L’Islamophobie se nourrit aussi de la confusion entre musulmans et intégriste musulmans .Les premiers (qui constituent l’écrasante majorité) vivent leur foi dans la discrétion et la sérénité ; les seconds plus médiatisé mais  qui constituent une infime minorité sont mis en avant. Les couvertures de certains hebdomadaires paraissant cette semaine et  traitant d’un fait divers qui a secoué dernièrement la France  sont abjectes.  
C’est pourquoi, le  déferlement raciste en France contre les musulmans dont sont victimes  nos compatriotes vivant dans ce pays doit donc nous interpeller et au premier chef les pouvoirs  publics. Le silence du département en charge de la communauté marocaine à l’étranger et des autorités religieuse dans notre pays est inquiétant.

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