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Maroc : Du spectre de la soif à la renaissance hydrique, le récit d’une résilience nationale

Après six années d'une sécheresse historique qui a poussé les réserves du Royaume à leurs limites extrêmes, le Maroc respire enfin. Alor...

mardi 27 janvier 2026

Maroc : Du spectre de la soif à la renaissance hydrique, le récit d’une résilience nationale

Après six années d'une sécheresse historique qui a poussé les réserves du Royaume à leurs limites extrêmes, le Maroc respire enfin. Alors que le taux de remplissage des barrages vient de franchir la barre symbolique des 52 %, niveau inédit depuis 2019, le pays récolte les fruits d'une stratégie de résilience sans précédent. Entre dessalement massif, autoroutes de l'eau et réutilisation des eaux usées, récit d'une nation qui a transformé un péril climatique en un moteur de souveraineté sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

​I. L’hiver du désespoir : Quand la soif a fait trembler le Royaume

​Il y a encore peu de temps, le Maroc contemplait un paysage d'apocalypse climatique. Six années consécutives de sécheresse avaient fini par briser le cycle naturel, installant un sentiment de désespoir profond dans les campagnes. Des barrages historiques, tels qu'Al Massira ou Bin El Ouidane, n'étaient plus que des cuvettes de boue craquelée, leurs réserves tombant sous le seuil critique des 5 %.

​Cette agonie hydrique a eu des conséquences sociales directes. Dans plusieurs régions du pays, la rareté de l'eau a poussé les citoyens dans la rue. Ces manifestations, nées d'une détresse réelle face aux coupures d'eau potable, ont rappelé l'urgence d'une réponse d'État. L'économie, elle, a vacillé : la production hydroélectrique s'est presque tue, alourdissant la facture énergétique du pays.

​Le monde rural, qui fait vivre 40 % de notre population, a été le premier sacrifié. Les nappes phréatiques, surexploitées, ont subi des baisses de niveau vertigineuses, rendant les puits des petits agriculteurs inutilisables. Dans un arbitrage douloureux, les autorités ont dû privilégier la consommation domestique des villes au détriment de l'irrigation, sonnant le glas de milliers d'hectares de cultures gourmandes en eau.

​II. La Riposte Stratégique : Une mue technologique sous impulsion Royale

​Face à ce péril, le Maroc n'a pas seulement attendu la pluie. Sous la direction d'une commission stratégique présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le pays a opéré une transformation radicale de son modèle hydraulique autour de trois axes majeurs :

  1. L'offensive du dessalement (Atlantique et Méditerranée) : Le Maroc transforme désormais ses deux façades maritimes en sources de vie. Si la station d'Agadir a été pionnière, le complexe géant de Casablanca sécurise désormais le centre du pays. Sur la rive méditerranéenne, les projets de Nador et le renforcement des unités d'Al Hoceima et de Tanger montrent que chaque kilomètre de côte est mobilisé.
  2. Les Autoroutes de l’eau : Une prouesse d'ingénierie qui a permis l'interconnexion des bassins. Le transfert des eaux excédentaires du bassin du Sebou vers le Bouregreg a permis d'acheminer l'eau vers les zones assoiffées du centre en un temps record, évitant un rationnement drastique à Rabat et Casablanca.
  3. L'économie circulaire par la REUT : Pour préserver l'eau potable, le Maroc a généralisé la réutilisation des eaux usées traitées (REUT). Les expériences réussies de Marrakech, Rabat ou Casablanca pour l'arrosage des golfs, des espaces verts et des zones touristiques font désormais école, permettant d'épargner les précieuses réserves des barrages pour des usages vitaux.

​III. Janvier 2026 : Le tournant tant attendu

​Le début de cette année 2026 marque une rupture historique. Pour la première fois depuis juin 2019, le taux de remplissage national des barrages a atteint les 52 %. Ce chiffre n'est qu'un début : avec les précipitations actuelles et l'épais manteau neigeux de l'Atlas dont la fonte est imminente, les experts prévoient une remontée vers les 60 %, voire 70 % d'ici le printemps.

​IV. Conséquences : Une bouffée d’oxygène pour l'économie nationale

​Ce retour de l'eau est le véritable moteur de la croissance économique pour l'année à venir :

  • Relance du Monde Rural : Pour les 40 % de Marocains vivant de la terre, c'est le retour de la dignité. Les campagnes céréalières reverdissent et le cheptel national peut enfin être reconstitué.
  • Sécurité et Souveraineté : Les mesures structurelles (dessalement, REUT, interconnexions) agissent désormais comme un bouclier. L'eau des barrages peut à nouveau être partagée plus équitablement entre l'agriculture et la ville.
  • Stabilisation Sociale : La fin du stress hydrique extrême sécurise l'avenir des zones rurales et stabilise les prix des denrées alimentaires sur les marchés nationaux.

​Conclusion : La leçon de la résilience

​Le Maroc sort de cette crise métamorphosé. Si le ciel est à nouveau généreux, c'est bien la stratégie nationale visionnaire qui aura permis d'éviter le naufrage. En combinant la force des infrastructures classiques avec l'innovation technologique, le Royaume prouve qu'il peut transformer une menace climatique en une opportunité de développement durable, souverain et solidaire.

mercredi 21 janvier 2026

La CAN au Maroc : un révélateur brutal… et un tournant nécessaire

Ce que le Maroc a vécu lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations dépasse largement le cadre du football. Cette CAN, organisée avec un professionnalisme rarement atteint sur le continent, a mis en lumière une réalité que les Européens connaissent bien : on peut tout donner, tout faire correctement, et se heurter malgré tout à l’ingratitude, à la suspicion et parfois à l’hostilité. Pour le Maroc, cet épisode doit marquer un tournant.

La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc n’aura pas été un simple événement sportif. Elle a agi comme un révélateur brutal, parfois dérangeant, mais profondément instructif. Un miroir tendu au Maroc, à sa société, à son État, et surtout à sa manière d’envisager ses relations avec son environnement régional et international.

Ce que nous avons vécu durant cette CAN, les pays européens l’ont vécu avant nous, dans leurs relations avec certains pays africains : une générosité prolongée, des investissements massifs, puis la découverte amère que l’effort consenti ne garantit ni reconnaissance ni respect.

Un pays qui a tout donné

Le Maroc n’a pas simplement accueilli une compétition. Il a mobilisé un pays entier.

Stades modernes répondant aux standards internationaux, infrastructures routières et ferroviaires renforcées, capacités hôtelières mises à niveau, transport maîtrisé, sécurité efficace, organisation rigoureuse. À cela s’est ajouté un accueil populaire exemplaire, spontané, chaleureux, sans calcul ni arrière-pensée.

Peu de pays africains auraient pu organiser une CAN à ce niveau d’exigence. Peu de pays, même hors du continent, auraient accepté de faire autant, aussi vite, et avec un tel sens du détail.

Le choc de l’ingratitude

Et pourtant, cette exemplarité n’a pas toujours été accueillie par la reconnaissance attendue.

Au contraire, le Maroc a été confronté à des réactions d’une ingratitude assumée.

Dans certains pays voisins, mais aussi dans d’autres espaces arabes et africains, des populations ont célébré non pas une victoire sportive, mais la défaite du Maroc en finale. Un fait inédit, révélateur d’un malaise plus profond, qui dépasse largement le cadre du football.

Plus préoccupant encore, des accusations infondées ont circulé : arbitres prétendument soudoyés, matchs arrangés, organisation biaisée. Des accusations sans la moindre preuve, reprises avec une facilité déconcertante, comme si la réussite marocaine ne pouvait être que suspecte.

Un parallèle éclairant avec l’expérience européenne

Ce réflexe, les Européens le connaissent bien.

Lorsqu’ils investissent, accueillent ou organisent, ils sont soupçonnés d’arrière-pensées. Lorsqu’ils réussissent, ils deviennent suspects. Lorsqu’ils posent des règles, ils sont accusés de domination.

L’Europe a fini par comprendre une chose essentielle : on ne construit pas des relations saines sur la complaisance permanente ni sur la culpabilité sans fin.

Tirer enfin les bonnes leçons

Le Maroc n’a rien à se reprocher.

Il n’est pas responsable des frustrations des autres, ni de leurs échecs internes.

Il n’a pas à s’excuser de sa stabilité, de son sérieux ou de sa capacité à organiser.

Cette CAN doit marquer un moment de bascule. Non pas vers le repli, mais vers la clarté.

Il est temps d’assainir nos relations, y compris avec l’Europe, sur la base du respect, de la réciprocité et de la vérité.

Comme les pays européens l’ont fait avant nous, le Maroc doit désormais avancer sans culpabilité inutile, sans concessions suicidaires et sans cette gentillesse permanente qui finit par se retourner contre lui.

Cette CAN aura été un révélateur.

À nous d’en faire un tournant.

Le respect, en politique comme dans l’histoire, commence toujours par soi-même.

lundi 19 janvier 2026

Une première dans l’histoire du football : célébrer la défaite du voisin

 Hier, plusieurs médias algériens, dont TSA et d’autres organes de presse, ont rapporté – parfois avec une certaine fierté – des scènes de liesse dans plusieurs villes algériennes après l’élimination du Maroc. Klaxons, rassemblements nocturnes, cris de joie : non pas pour célébrer une victoire algérienne, mais pour fêter la défaite du voisin.

Certains commentateurs l’ont eux-mêmes reconnu : c’est une première dans l’histoire du football qu’un pays célèbre massivement la défaite d’un autre. Ce fait mérite qu’on s’y arrête, car il dépasse largement le cadre du sport.

Ce qui était célébré n’était pas une victoire

Il est important de le souligner : ce soir-là, ce n’est pas la performance du Sénégal qui était au centre des réjouissances. Ce n’était pas un hommage au football, au jeu ou au mérite sportif. C’était bien la défaite du Maroc qui faisait office d’événement heureux.

Le football a toujours connu des rivalités, parfois vives, parfois excessives. Mais célébrer la défaite du voisin comme une victoire par procuration marque une rupture symbolique inquiétante.

La réussite marocaine comme élément déclencheur

Cette réaction ne peut être comprise sans contexte. Le Maroc ne se contentait pas de participer à une compétition : il en était l’organisateur. Et l’organisation de cette CAN a mobilisé des efforts considérables, visibles et reconnus bien au-delà du continent africain.

Stades modernes ou rénovés, pelouses aux standards internationaux, infrastructures hôtelières de qualité, réseaux de transport performants, capacité d’hébergement, organisation logistique et sécuritaire : le Maroc a investi, planifié et livré une compétition à la hauteur des grandes exigences internationales.

Cette réussite organisationnelle, comme je l’ai déjà souligné dans « La CAN au Maroc : quand la réussite dérange », n’est pas neutre. Elle renvoie l’image d’un pays qui avance, qui prépare l’avenir, qui assume ses ambitions sportives et économiques. Et cette image dérange.

Un contraste qui interroge

Il est utile de rappeler un épisode révélateur. En 2019, lorsque l’Algérie a remporté la Coupe d’Afrique des Nations, le Roi du Maroc avait adressé une lettre officielle de félicitations au président algérien. Dans plusieurs villes marocaines, notamment dans l’Oriental, des citoyens sont sortis célébrer la victoire algérienne, par proximité humaine et esprit sportif.

Ce contraste est frappant :

– célébrer la victoire de l’autre,

– ou célébrer sa défaite.

La différence n’est pas sportive. Elle est politique et culturelle.

Le football comme miroir d’un système

Depuis des années, une partie du discours officiel et médiatique algérien entretient une obsession permanente autour du Maroc. Le football, comme d’autres domaines, devient alors un exutoire idéal. La défaite du voisin est perçue comme une victoire symbolique, presque comme une revanche politique.

Comme je l’ai déjà analysé dans « L’Algérie : pourquoi cette haine ? », cette posture n’est pas accidentelle. Elle est le produit d’un système qui a fait de la désignation d’un ennemi extérieur un mode de gouvernance et un outil de diversion face aux difficultés internes.

Une dérive inquiétante pour le sport

Ce qui inquiète, ce n’est pas la rivalité sportive – elle est légitime – mais la banalisation d’une culture de la haine, au point qu’elle déborde jusque dans le football, censé être un espace de fair-play, de dépassement et de rassemblement.

Quand un peuple en vient à célébrer non pas ses propres succès, mais les échecs de l’autre, c’est le signe d’un malaise profond. Un malaise que ni les klaxons ni les cris de joie ne pourront masquer durablement.

Le football passe. Les peuples restent. Et l’histoire retiendra toujours qui a choisi de construire, et qui s’est contenté de se réjouir de la chute du voisin.

lundi 12 janvier 2026

CAN au Maroc : quand la réussite sportive se heurte à la dérive politique algérienne

La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc a mis en lumière bien plus qu’un simple événement sportif. Entre une organisation saluée par de nombreux observateurs africains et internationaux, et une campagne de dénigrement alimentée par la presse algérienne après la défaite de son équipe, cette CAN révèle une dérive politique où le refus de l’échec le dispute à l’acharnement médiatique.

La lourde défaite de l’équipe algérienne face au Nigeria aurait pu – et dû – rester un simple épisode sportif. Une occasion normale de remise en question, d’analyse lucide et de réflexion sur les faiblesses techniques et tactiques d’une équipe nettement dominée. Mais dans le cas algérien, le sport n’est jamais totalement séparé du politique. Il devient rapidement un instrument de communication et de diversion.

Une défaite transformée en affaire politique

Au lieu d’assumer l’échec, les responsables algériens et leur appareil médiatique ont immédiatement opté pour la victimisation et l’accusation. Arbitrage hostile, organisation défaillante, environnement prétendument biaisé : tous les éléments du discours étaient déjà prêts, comme si la défaite ne pouvait, par principe, être que le résultat d’un complot.

Cette réaction n’est pas nouvelle. Elle révèle une constante : en Algérie, perdre devient inacceptable dès lors que le Maroc est concerné, de près ou de loin. La responsabilité interne est systématiquement évacuée au profit d’un ennemi extérieur commode.

Une organisation marocaine qui contredit la propagande.

Le Maroc, pour sa part, s’est pleinement investi pour faire de cette Coupe d’Afrique des Nations une réussite continentale. D’importants moyens ont été mobilisés pour offrir des infrastructures sportives modernes, des réseaux de transport performants, une capacité hôtelière adaptée et un encadrement logistique à la hauteur des standards internationaux.

Dans plusieurs villes du Royaume, les équipes africaines et leurs supporters ont bénéficié d’un accueil chaleureux, professionnel et sécurisé. Les stades réalisés ou rénovés en un temps record constituent de véritables œuvres architecturales, combinant esthétique, sécurité et excellence technique.

Le stade Moulay Abdallah en est l’exemple le plus emblématique : un véritable joyau, équipé notamment de plus de 800 caméras de surveillance, garantissant la sécurité des joueurs, des officiels et du public, ainsi que la fiabilité totale des installations.

Des pelouses mises à l’épreuve… et restées impeccables.

Ces dernières semaines, de fortes pluies torrentielles se sont abattues sur plusieurs régions du Maroc. Un test grandeur nature pour les pelouses et les équipements sportifs. Le résultat est sans appel : les terrains sont restés impeccables, parfaitement praticables, offrant des conditions de jeu unanimement saluées par les observateurs indépendants.

Là encore, la réalité a démenti les discours alarmistes et malveillants diffusés avant la compétition.

L’acharnement médiatique algérien : du dénigrement à la falsification

Car bien avant le début de la CAN, la presse algérienne officielle et para-officielle s’était engagée dans une véritable campagne de dénigrement contre le Maroc. Selon elle, l’organisation serait un fiasco annoncé, les stades de simples « maquettes », les infrastructures insuffisantes et la compétition vouée à l’échec.

Après la défaite face au Nigeria, cette campagne s’est transformée en un acharnement médiatique obsessionnel. Incapables d’expliquer l’échec sportif, de nombreux médias algériens ont préféré multiplier les contre-vérités et les récits mensongers visant le Maroc, afin de détourner l’attention de l’opinion publique algérienne.

Le sport devient alors un outil politique, utilisé pour masquer les dysfonctionnements internes et entretenir artificiellement un climat d’hostilité permanente envers un voisin présenté comme responsable de tous les revers.

Le spectacle indigne du mauvais perdant

Cette dérive ne s’est pas limitée aux mots. À la fin du match, des arbitres ainsi que des journalistes marocains ont été physiquement pris à partie. Le terrain lui-même n’a pas été épargné, envahi et dégradé par des supporters algériens en colère.

À l’inverse, d’autres équipes africaines, pourtant éliminées de la compétition, ont quitté le tournoi avec dignité, respect des règles du fair-play et sens des responsabilités. Elles n’ont ni cherché d’alibi politique, ni sombré dans la violence ou la diffamation.

Quand le sport révèle la nature d’un régime

Ce qui s’est produit lors de cette CAN dépasse largement le cadre du football. Il met en lumière une culture politique profondément ancrée : celle du refus de l’échec, du déni de responsabilité et de la désignation systématique d’un bouc émissaire, le Maroc en l’occurrence.

La réussite marocaine dérange précisément parce qu’elle est concrète, visible et reconnue par l’Afrique. Elle expose, par contraste, les limites d’un système qui confond propagande et réalité, et qui transforme chaque défaite en crise politique.

Une posture qui accentue l’isolement régional de l’Algérie

Au-delà de l’épisode sportif, cette séquence illustre une tendance plus profonde : l’isolement politique et diplomatique croissant du régime algérien sur la scène régionale et continentale. À force de transformer chaque échec en complot et chaque réussite marocaine en menace, Alger s’enferme dans une logique de confrontation stérile.

Alors que de nombreux pays africains privilégient aujourd’hui la coopération, l’intégration régionale et la diplomatie pragmatique, le régime algérien persiste dans une rhétorique de guerre froide fondée sur l’hostilité permanente envers le Maroc. Cette obsession finit par lasser, y compris parmi ses partenaires traditionnels.

La CAN organisée au Maroc aura ainsi servi de révélateur : pendant que le Royaume consolide son ancrage africain par l’action, l’investissement et la crédibilité, l’Algérie se marginalise par le déni, la propagande et le refus de toute autocritique.

À terme, ce n’est pas le Maroc qui sort affaibli de cette posture, mais bien un régime enfermé dans la logique du mauvais perdant permanent.